Canicule Niveaux très bas pour trois grands lacs touristiques des Alpes

AFP

GRENOBLE, 24 juil (AFP) - Le niveau de trois grands lacs touristiques des Alpes, les lacs de Serre-Ponçon (Hautes-Alpes), d'Annecy (Haute-Savoie) et d'Aiguebellette (Savoie) est exceptionnellement bas ce qui inquiète les professionnels du tourisme.

Serre-Ponçon, plus grand barrage en terre et plus vaste retenue d'eau artificielle en Europe (2.800 hectares pour un réservoir de 1.270 millions de m3) est confronté à des exigences contradictoires. Il a une vocation touristique et doit être plein pour les activités nautiques, mais il doit aussi laisser partir de l'eau dans la vallée pour faire de l'électricité et irriguer 100.000 hectares d'exploitations agricoles de Provence.

"Certains jours, le lac de Serre-Ponçon baisse de 10 cm. S'il n'y a pas d'évolutions météorologiques, à la mi-août, on risque d'atteindre la côte minimum pour le tourisme" a indiqué le chargé de communication d'EDF à Marseille, Alain Daubas. Cette côte minimum est atteinte lorsque le niveau du lac est à 5 m en dessous du niveau maximum. A partir de cette côte, les limons apparaissent et le confort des baigneurs n'est plus assuré. Actuellement, le lac est à 3 m sous son niveau maximal "mais il peut pleuvoir et son niveau devrait alors remonter" a ajouté M. Daubas.

En 1992, le manque d'eau avait réduit le lac à une vaste étendue boueuse et avait fait fuir les touristes. "Le niveau du lac d'Annecy se trouve à 35 cm en dessous de sa côte normale et nous perdons environ 1 cm par jour", indique le directeur du service de l'eau d'Annecy, Christian Lépinard. Deux raisons à cette baisse : les affluents, asséchés par l'absence de précipitations, n'alimentent plus le lac et la canicule provoque une évaporation importante. La compagnie des bateaux d'Annecy a du stationner son bateau-croisière à 50 m de son embarcadère normal.

Cette baisse des eaux n'a pourtant aucun effet sur la capacité à produire de l'eau potable destinée à l'agglomération annecienne à partir de l'eau prélevée dans le lac même si "on constate une augmentation moyenne de 8% de la consommation en eau habituelle". Le lac d'Aiguebellette affiche une baisse de 40 cm par rapport à sa côte normale, indique le chargé de mission au "contrat lac d'Aiguebellette", Ludovic Ayot. Les touristes apprécient de grandes zones de plage de sable mais "les nageurs sont obligés de dépasser les lignes de ruptures de pentes ce qui peut poser des problèmes de sécurité pour les enfants ou les mauvais nageurs".

Parmi les grands lacs alpins, seul le lac du Bourget (Savoie) fait exception. En temps normal, le lac écrête naturellement les crues du Rhône. Quand le niveau du lac baisse, la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) qui exploite les barrages le long du fleuve, compense cette baisse. Depuis le début de l'été, à deux reprises, une fois pendant une semaine et une autre fois pendant trois jours, les eaux du Rhône ont "regonflé" le lac du Bourget, explique le directeur régional de la CHR, Christian Jimenez.

"Pour nous, c'est une perte d'énergie car c'est de l'eau que nous aurions pu turbiner. Mais ce remplissage est une obligation de l'Etat, si nous n'étions pas intervenus, le lac aurait baissé d'un mètre, les gens d'Aix-les-Bains ne connaissent pas leur bonheur" a-t-il dit.

Et pour compléter ce bonheur, la température de l'eau du lac est actuellement de 29°.



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