Vins du Médoc Rejet d'un projet de dissolution du Syndicat des crus bourgeois

AFP

BORDEAUX, 24 juil (AFP) - Une assemblée générale du Syndicat des crus bourgeois du Médoc, réunie à Pauillac (Gironde), a rejeté mercredi une proposition de dissolution de ce syndicat, a-t-on appris jeudi auprès de cet organisme.

Cette dissolution était préalable à la création d'une nouvelle structure répondant aux exigences d'un récent décret ministériel instaurant un nouveau classement des crus bourgeois.

La proposition de dissolution, qui devait être adoptée à la majorité des trois quarts, a été rejetée par 124 voix contre 116 pour et 16 abstentions, au cours de l'AG du Syndicat, qui regroupe 315 adhérents et au sein duquel le nouveau classement, publié au JO en juin, a provoqué un vif mécontentement chez les viticulteurs dont les crus n'ont pas été retenus.

Ceux-ci ont créé depuis lors une association de défense de leurs intérêts, l'Union des viticulteurs du Médoc (UVM), qui conteste la procédure suivie et compte engager dans les prochains jours un recours administratif contre le décret ministériel, ainsi qu'une action en référé suspensif du nouveau classement.

Celui-ci, organisé par la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Bordeaux et établi par un jury "indépendant", avait retenu 247 crus bourgeois, dont 9 "exceptionnels", 87 "supérieurs", 151 autres recevant la dénomination "crus bourgeois".

Les critères retenus étaient la nature du terroir et de l'encépagement, les soins apportés à la culture et à la vinification, la tenue de l'exploitation, les conditions de mise en bouteille, mais aussi la notoriété du cru. Chaque vin avait fait l'objet d'une dégustation à l'aveugle sur six millésimes.

Les viticulteurs exclus reprochent notamment "le manque de transparence" de la procédure suivie, l'inexistence d'un cahier des charges précis et le manque d'indépendance d'un jury dont certains membres étaient "juges et parties".

"Un nouveau classement est indispensable, mais il doit être fait sur des bases d'équité indiscutables, qui seront approuvées par tous les candidats", a déclaré à l'AFP Denis Hecquet, membre du bureau de l'UVM, qui réclame en vain, comme ses confrères "déclassés", les raisons de leur exclusion.

"Le classement s'est fait selon des régles bien définies, le résultat est incontestable, il n'y a pas lieu de le remettre en cause", rétorque pour sa part Dominique Hessel, président du Syndicat des crus bourgeois, dont le Conseil d'administration se réunira dans les prochains jours pour étudier la situation de blocage créée par le vote négatif de l'AG.



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