Chaudière à sarment Robert Papillon, viticulteur: « Un retour sur investissement en moins de 7 ans »

Amandine-marie Labedan, étudiante ESA Angers Terre-net média

Avec la flambée du prix de l’énergie, la valorisation des sarments de taille à des fins énergétiques est plus que jamais d’actualité. Témoignage d’un vigneron, qui nous explique comment il s’est converti il y a deux ans.


Les vignes produisent en moyenne 2,5 à 3 tonnes de sarments/ha/an (© D.R.)
« Chauffer sa maison avec des sarments n’est pas si compliqué ! » témoigne Robert Papillon qui se chauffe aux sarments de vigne depuis deux hivers. C’est en voyant brûler ses sarments que ce vigneron de Saône et Loire a eu l’idée de récupérer l’énergie de combustion pour se chauffer en 2006. Grâce à cela, il économise 3000 litres de fuel chaque année et a diminué le risque de maladie du bois, « les sarments broyés que l’on met au pied des vignes étant dangereux pour la propagation des maladies».

Avec un rendement de 2,5 à 3 tonnes de sarments par hectare en moyenne, soit 45 tonnes de sarments récoltés par an, 15 hectares de vigne suffisent largement à chauffer sa maison de 200m², pourtant « mal isolée» précise Robert Papillon,  sur un an...

Un peu de temps supplémentaire pour le transport

Carte d'identité

  • Exploitation de Robert Papillon, Péronne (71)
  • 30ha vigne =
    • 15ha valorisés énergie
    • 15ha broyés puis au sol
  • 15hectares de vigne c’est :
    • 30-40t de sarments/an
    • 100kWh
    •Chauffage maison 200m2

Passer d’un système de chauffage à fioul à un système chauffage à bois a été simple et peu coûteux pour ce viticulteur : il a simplement dû investir dans une chaudière manuelle à bois, qu'il a adaptée à son réseau de chaleur déjà en place. De plus, « Le crédit d’impôt de 50% sur la chaudière m’a remboursé la moitié du prix d’achat de la chaudière, soit 8.000 euros», explique-t-il. Selon ces données, 7 années lui ont donc suffi pour amortir sa chaudière.

Concernant le travail demandé, l'organisation est simple et ne lui a pas demandé beaucoup de travail supplémentaire, car il broyait déjà ses sarments. Après la taille des vignes, les sarments sont hachés et mis en tas au bout des rangs de vigne à l’aide du broyeur . « En une semaine, j’ai broyé les 15 hectares », explique-t-il. C’est seulement en juillet qu’il rentre ses broyats avec sa remorque à céréales pour les mettre dans ses anciens silos à maïs. Avantage d’avoir été céréalier : il dispose déjà des installations adéquates au stockage et au transport : silos, hangar, remorque et tracteur, pour entreposer ses sarments avant de les mettre dans sa chaudière manuelle.

Quelques réglages

Les équipements -broyeur et chaudière- se modernisent, les derniers modèles étant plus adaptés au bois de vigne. Celui-ci est plus filandreux que le bois « usuel » et ne donne pas un broyat homogène : la chaudière a ensuite tendance à s’arrêter dès qu’il y a des morceaux mal calibrés. Robert Papillon utilise une vieille ensileuse à maïs pour finir le broyage quand celui-ci n’est pas assez fin -2 à 3 jours de travail supplémentaire-. L’autre inconvénient du bois de vigne est qu’il possède un pouvoir calorifique moins grand que le bois ordinaire ; la chaudière met un peu plus de temps à monter en température avec les sarments, mais le vigneron s’est adapté : « Dès qu’il fera moins de -8°C, je rajouterai(s) un peu de bois ordinaire ou de céréales dans la chaudière, cela chauffera plus vite ».

Ce viticulteur était l’un des premiers du département de Saône et Loire à se chauffer avec ses sarments, aujourd’hui, plus d’une dizaine d’exploitations s’apprêtent à passer leur premier hiver chauffées avec ce système. Lui-même a par ailleurs bien l’intention de s’équiper d’une deuxième pour chauffer son gîte !

 Bilan économique du projet:

Dépenses première année
Ressources/an
Chaudière (neuve)= 16 000 – 8 000 crédit impôt = 8 000€
Economie fioul = 3000L x 1€ = 3 000€
Raccordements =3 000€ (possédait déjà le réseau de chaleur pour chaudière)
Aides régionales ou départementales possibles
Broyeur- récupérateur (neuf) = 10 000€
 
Temps travail nécessaire supplémentaire ramassage / stockage / transport = qqles heures/jours
 
Stockage = 0€ (ancien silo à maïs reconverti)
 
Total dépenses : environ 21 000€
Total ressources /an : 3 000€


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