Larzac 2003 Un tournant historique pour les altermondialistes français

AFP

L'HOSPITALET-DU-LARZAC (Aveyron), 11 août (AFP) - Les altermondialistes français ont reconnu ce week-end avoir été surpris par l'ampleur du rassemblement du Larzac, qui a dépassé leurs prévisions les plus optimistes, et estiment qu'il constitue un tournant historique pour leur mouvement.

"Dans notre plus grande folie, nous n'avions pas imaginé une telle affluence", confiaient samedi les organisateurs du rendez-vous larzacois en annonçant dans l'après-midi leur décision d'en fermer les accès pour des raisons de sécurité. 250.000 participants selon eux étaient sur le site alors qu'ils avaient annoncé 50 à 100.000 personnes maximum.

A la fois un peu dépassés sur le plan logistique et galvanisés par l'ampleur de la mobilisation, les altermondialistes français ont eu le sentiment de vivre un moment-clé de leur histoire et d'être désormais incontournables dans le débat politique.

"Nous avons la certitude qu'aujourd'hui est une journée historique pour le mouvement social car, au delà de nos divergences, nous avons réussi à trouver des convergences de vue", a estimé Nicolas Duntze, l'un des porte-parole de la Confédération paysanne, un des acteurs majeurs de Larzac 2003.

"Je crois que ce rassemblement marque un tournant dans l'histoire du mouvement social français", a confié pour sa part José Bové.

"Nous avons assisté à un événement politique,", a déclaré Annick Coupé, pour le G10-Solidaires, la seule force syndicale présente avec les enseignants de la FSU.

Rythmés par des forums ayant souvent un caractère très didactique, le rassemblement a été le lieu d'attaques incessantes contre "le libéralisme sauvage" à la fois de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), "une organisation non démocratique", et du gouvernement Raffarin, accusé de jouer le jeu des multinationales.

José Bové a d'ailleurs interpellé le Premier ministre en appelant à l'organisation d'un débat public pour clarifier la position de la France avant le sommet de Cancun (Mexique), du 10 au 14 septembre, qui doit notamment aborder les règles internationales en matière de droits de douanes.

"Il faut aujourd'hui mener une double action, de rapport de force à l'intérieur de l'OMC pour en atténuer les effets destructeurs, et se battre à l'extérieur contre le virus libéral pour construire une autre architecture de rapports internationaux", résumait un responsable d'Attac, Marc Delepouve.

Un appel à la mobilisation à la fois contre l'OMC, "en descendant dans la rue dès le 6 septembre", et contre les OGM, en continuant les arrachages et en transformant chaque procès en tribune de revendications, a d'ailleurs été lancé par José Bové dimanche.

"Toutes les organisations syndicales et citoyennes et les partis politiques vont être obligés de répondre à la prise de conscience par de plus en plus de gens des dangers de l'OMC et à ce besoin de convergences des luttes", analysait le leader de la Confédération paysanne.

Mais Annick Coupé soulignait aussi que "le fossé entre les partis de la gauche plurielle et ce type de mouvement est loin d'être résorbé".



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