Champagne Une année difficile mais toute en records

AFP

REIMS, 4 sept (AFP) - Jamais de mémoire de Champenois on n'avait vendangé aussi tôt - on a coupé les premiers raisins dans l'Aube le 18 août, en 1822 on avait commencé le 20 août - mais jamais, depuis fort longtemps, on avait récolté aussi peu, et rarement de si beaux raisins: le champagne sera bon.

Avec une moyenne de 7.000 kg/ha, contre 10.400 kg/ha en année moyenne, l'appellation de 30.500 ha paye un lourd tribut à deux extrêmes météorologiques: les gelées de début avril et la canicule d'août.

Le froid a brûlé les bourgeons, notamment ceux des Chardonnays (blancs), plus précoces. Les chaleurs d'août ont assoiffé la vigne, abaissant encore des rendements déjà faibles de 10 à 15%, même parmi les pinots noirs et meuniers.

Ces raisins en "surmaturation" affichent un taux de sucre tel que les vins titreront jusqu'à 11,8°. Par contre les taux d'acidité ne sont pas toujours là, et les assemblages avec des récoltes d'autres années seront les bienvenus pour garder leur "fraîcheur" aux champagnes d'apéritif.

Ceux des vignerons qui ont fait leur nom sur des champagnes "de table" à base de Pinots, sur des tonalités plus "vineuses", plus rondes, ne doutent pas d'avoir rentré un millésime (réservé aux meilleures années).

Chez Nicolas Feuillate, l'union de producteurs la plus importante de l'appellation, qui réunit 4.500 des 15.000 vignerons de Champagne, Dominique Pierre, le directeur général, affiche une joyeuse "sérénité" à la fin de la campagne: "bon millésime, très beaux fruits, très bonne vendange, état sanitaire d'une qualité quasi-inconnue".

Ghislain de Montgolfier, "patron" de la grande maison Bollinger parle d'une récolte de "petits prématurés", mais de qualité.

Il y aura de quoi créer une étiquette 2003, d'autant plus attirante qu'il s'agira forcément d'un tirage limité.

En Champagne, seule région vinicole française à se mettre à l'abri des aléas climatiques par une pratique de stock de régulation, il y aura de toute façon de quoi alimenter un marché qui absorbe de l'ordre de 280 millions de bouteilles par an.

La "réserve qualitative" constituée depuis un peu plus de 5 ans à raison d'un surplus de raisin vendangé de 1.000 kg/ha par an en moyenne, compensera le déficit de production accidentel: les vins de 2001, année médiocre, se transformeront en atout en apportant la touche d'acidité propre aux meilleurs assemblages.



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