Canicule Une hécatombe pour les volailles bretonnes et ligériennes

AFP

RENNES, 8 août (AFP) - La canicule provoque une véritable hécatombe dans les élevages de volaille en Bretagne et Pays de la Loire, où les agriculteurs redoutent que la situation n'empire avec les grosses chaleurs annoncées ce week-end, alors que se multiplient les arrêtés autorisant l'enfouissement de centaines de milliers d'animaux.

Poulets, dindes et lapins meurent en masse sous les températures exceptionnelles qui sévissent dans l'Ouest comme dans le reste de la France, et l'inquiétude saisit des éleveurs confrontés à une situation inédite qui a conduit les fédérations d'agriculteurs à réclamer l'état de catastrophe naturelle.

"Jusqu'à 30°C, on peut gérer, mais au-dessus de 35 pendant plus de 3-4 jours c'est la catastrophe", explique Joël Limouzin, président de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FRSEA) des Pays de la Loire.

"Le principal problème, c'est que la température ne baisse qu'à 25°C la nuit, ce qui empêche aux entrepôts de retrouver la fraîcheur", poursuit-il. "C'est la panique chez les éleveurs depuis le début de la semaine. Ils installent en vitesse ventilateurs et brumisateurs, mais les fournisseurs sont en rupture de stock".

Les pompiers ont été appelés en urgence par de nombreux agriculteurs : arrosage des toits des hangars voire projection d'eau directement sur les volailles, tout a été tenté pour soulager les bêtes. Mais la survie devient aléatoire dans des entrepôts devenues fournaises, où le mercure atteint parfois 50°C.

"Les pertes dépendent de l'état d'avancement de l'engraissement des animaux" précise Jean Dubé, directeur de la FDSEA d'Ille-et-Vilaine. "S'ils sont gros, la densité augmente et la chaleur est d'autant plus insupportable pour les animaux".

Le nombre de bêtes mortes varie donc d'un élevage à l'autre. "J'ai eu deux agriculteurs ce matin: l'un avait perdu 20 poussins, l'autre 4 000 poulets!", nuance le dirigeant syndical. A des degrés divers, c'est "l'ensemble des 5 000 aviculteurs de Bretagne qui est concerné", ajoute-t-il.

Volailles et lapins sont les plus vulnérables à la chaleur, mais les porcs y succombent ausi. En Pays de la Loire, deuxième région de production porcine après la Bretagne, 4 000 truies, 7 000 porcs charcutiers et 25 000 porcelets sont déjà morts à cause de la canicule.

"L'insémination des truies ne fonctionne pas. Elles mettent bas des porcelets déjà morts. Ceux qui survivent succombent vite", détaille M. Limouzin.

Les éleveurs craignent de subir les prolongements de cette crise pendant plusieurs semaines : baisse de la fertilité des bêtes, animaux anémiés, baisse de la production laitière.

L'hécatombe provoque par ailleurs une saturation des capacités des équarrisseurs, qui dépècent et traitent les carcasses d'animaux. Les préfectures des neuf départements de Bretagne et Pays de la Loire ont pris des arrêtés qui permettent aux éleveurs d'enfouir eux-mêmes les carcasses d'animaux, afin d'éviter qu'elles ne pourrissent.

"Avec la canicule, le dispositif est saturé et les équarrisseurs débordés", constate un responsable de la direction départementale des services vétérinaires de Rennes. "Tous les étés, nous avons une pointe de mortalité avec les volailles et les animaux d'élevage, mais c'est la première fois depuis longtemps que nous devons faire face à une mortalité aussi exceptionnelle", poursuit-il.

Un phénomène qui pourrait se poursuivre ce week-end et la semaine prochaine au vu des prévisions météo et rendre la situation encore plus dramatique pour les éleveurs. Les FRSEA ont d'ores et déjà réclamé la déclaration d'états de calamité et de catastrophe naturelles.



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