Confédération paysanne/Congrès L'au-revoir de José Bové

AFP

PARIS, 6 avril 2004 - Le 10ème Congrès de la Confédération Paysanne, mercredi et jeudi en Alsace, sera marqué par le départ de José Bové, sa figure emblématique, qui mettra l'accent sur la sécurité alimentaire et la nécessité de modifier la politique agricole commune (PAC) de l'Union Européenne.

"C'est une page qui se tourne, une nouvelle étape qui va me permettre de continuer le combat autrement. Il y aurait un très grand danger à devenir porte-parole à vie", explique celui qui était devenu l'un des leaders agricoles les plus connus, y compris hors de France, par sa faconde et ses combats, notamment contre les OGM (organismes génétiquement modifiés).

A 50 ans, José Bové, qui a connu trois fois la prison en cinq ans, va devenir en juin prochain membre du bureau de Via Campesina, en charge de la sécurité alimentaire, lors du congrès de cette organisation internationale de mouvements paysans, à Sao Paulo (Brésil). Devenue la deuxième organisation syndicale agricole, derrière la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), la Confédération Paysanne, qui a obtenu un peu plus de 27% aux élections des Chambres d'Agriculture en 2001, va devoir choisir entre privilégier l'aspect médiatique de son action en nommant un porte-parole unique, ou préférer une expression beaucoup plus collective avec deux ou trois têtes, mais avec le risque de voir ses propositions moins sous les feux des projecteurs.

Outre José Bové, Nicolas Duntz, un autre des trois porte-parole actuels avec Brigitte Allain, a renoncé à se représenter à son poste. Les quelque 400 délégués - représentant les 15.000 adhérents - éliront tout d'abord, mercredi à huis clos à Illkirch-Graffenstaden, dans la banlieue de Strasbourg, un comité national de 42 membres puis un secrétariat qui comprendra 5 à 11 personnes. Puis, dans la nuit de mercredi à jeudi, ce secrétariat désignera un ou des porte-parole.

La journée de jeudi, dans l'enceinte du Parlement européen de Strasbourg, sera consacrée à la "sécurité alimentaire" et aux moyens pouvant permettre d'obliger Bruxelles et les pays membres de l'UE à mettre en oeuvre "une autre politique agricole commune". "Les accords sur la réforme de la PAC, adoptés à Luxembourg en juin dernier, ne tiendront pas", affirme Brigitte Allain pour qui l'adhésion de dix nouveaux pays, le 1er mai prochain, va accentuer les contradictions de la nouvelle PAC.

Enfin, la Confédération Paysanne, qui s'oppose à l'approche libérale de "l'agro-business", veut faire inscrire dans la Constitution européenne, dont le projet bloqué depuis trois mois vient d'être relancé, l'obligation "d'assurer une alimentation saine et suffisante à la population de l'Union européenne".



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