Loi alimentation À Matignon, la FNSEA réclame la mise en œuvre « sans délai » des ordonnances

AFP

La présidente de la FNSEA Christiane Lambert, reçue à Matignon une dernière fois avant le vote de la loi alimentation, a réclamé vendredi la mise en application « sans délai » des ordonnances qui doivent renforcer son efficacité.

L'ensemble des acteurs de l'alimentation étaient reçus vendredi par le Premier ministre Edouard Philippe.

« Nous avons demandé fermement que les trois ordonnances annoncées puissent paraître sans délai », a déclaré à l'AFP la présidente du syndicat agricole majoritaire, à la sortie de Matignon.

Parmi les trois ordonnances les plus attendues afin de revaloriser la rémunération des agriculteurs, « deux sont prêtes, celle sur le seuil de revente à perte et celle sur l'encadrement des promotions », a-t-elle expliqué. Une troisième qui porte sur les sanctions pour prix abusivement bas, « est en finalisation d'expertise juridique ».

Alors que l'agriculture française vit une crise terrible et que nombre d'exploitations sont exsangues, « les trois sont très importantes pour compléter les dispositifs qui ont été inscrits dans la loi », estime Christiane Lambert. La FNSEA espère voir la loi et ces ordonnances s'appliquer dès les prochaines négociations commerciales, lesquelles doivent reprendre prochainement, alors que la loi sera votée mardi à l'Assemblée.

Pour Christiane Lambert, ces dispositifs « sont indispensables, quand on voit que beaucoup de distributeurs sont insatiables et ne changent pas malgré leurs engagements et la charte signée l'année dernière, avec une augmentation des promos de 6 % sur le premier semestre et des prix toujours extrêmement bas ».

Devant le Premier ministre, elle a dénoncé des promotions tous azimuts des distributeurs sur les produits bio, jusqu'ici à peu près indemnes de la guerre des prix que se livrent les géants de la distribution. « Cette braderie sur le bio est scandaleuse, au moment où tout le monde parle de montée en gamme, synonyme pour les agriculteurs de plus de boulot, de plus de complexité et souvent de plus de coût de production », a déclaré Mme Lambert.

Contrairement à ce que souhaitait la FNSEA, le recours à l'observatoire des prix et des marges en cas de désaccord au sein des interprofessions sur les indicateurs de prix n'a pas été inscrit dans la loi.


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