Manifestation Accord UE-Canada : manifestation devant le ministère de l'Agriculture à Paris

AFP

Une trentaine de représentants des organisations Attac, Confédération paysanne et les Amis de la terre ont manifesté mardi matin devant le ministère de l'Agriculture contre le CETA, l'accord économique et commercial global entre l'Union européenne et le Canada.

Les manifestants, vêtus de tenues de chantier, avaient installé devant l'entrée du ministère des panneaux « Permis de démolir » indiquant que le ministère de l'Agriculture était transféré au ministère de l'Industrie à la demande des « multinationales », a constaté une journaliste de l'AFP.

« Le gouvernement s'évertue à présenter le CETA comme un accord vertueux et bénéfique pour les intérêts français, tout en laissant croire qu'il ne veut pas de son grand frère, le TAFTA. Nos trois organisations rappellent que la signature du CETA sacrifierait notre souveraineté démocratique et des pans entiers de notre agriculture », ont assuré les manifestants dans un communiqué.

Le CETA représente déjà une « porte d'entrée aux multinationales américaines » vers l'UE, a expliqué le porte-parole d'Attac, Dominique Plihon, à l'AFP.

Pour lui, il est « ridicule » de dire que cela va permettre aux producteurs français d'exporter au Canada, notamment pour les AOC (appellations d'origine contrôlée) qui font de la production artisanale en quantité limitée. Au contraire, cela va faciliter « l'arrivée de la malbouffe », viande traitée aux hormones et produits OGM en Europe.

Avec ce traité, l'octroi de contingents supplémentaires à droits de douane nuls de viande bovine et porcine canadienne à destination de l'UE va « accentuer la fragilisation de ces filières dans l'UE, ainsi que la fuite en avant vers une agriculture industrielle », a expliqué à l'AFP Emmanuel Aze de la Confédération paysanne.

Thomas Borrell, porte-parole des Amis de la terre, souligne lui les dangers de la diminution des barrières tarifaires, et non tarifaires, c'est-à-dire les normes environnementales, sociales et sanitaires. « Le mécanisme de coopération réglementaire qui vise à faire converger les normes est en fait un détricotage des normes, une course au moins-disant », assure-t-il.

Le secrétaire d'Etat au Commerce français, Matthias Fekl, s'est voulu rassurant lors d'une audition organisée mardi soir au Sénat sur le CETA: « Sur l'agriculture, les Canadiens de manière importante ont accepté 42 indications géographiques françaises », a-t-il affirmé.

« Les Etats-Unis en veulent plutôt au Canada d'avoir consenti une série de conditions sur l'agriculture, les marchés publics ou l'arbitrage. Le CETA fixe des standards élevés que (les USA) ne veulent en aucun cas avoir », a-t-il assuré.

L'accord de libre-échange conclu entre l'UE et le Canada (CETA) doit être signé le 27 octobre à Bruxelles en présence du Premier ministre canadien Justin Trudeau. Ses opposants ont prévu de manifester ce jour-là à Bruxelles. En attendant, une mobilisation contre le CETA et le Traité nord-atlantique (TTIP/Tafta) est prévue samedi à Paris et dans toute la France.


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