; Lettre ouverte pour « sauver la restauration collective »

Cantines Agriculteurs et professionnels exhortent les collectivités à payer davantage

AFP

Les représentants de la restauration collective ont appelé mercredi d'une même voix avec les fédérations d'agriculteurs à « sauver » leur filière, pressant les collectivités à leur payer plus cher les prestations fournies pour faire face à l'inflation.

Restauration collectiveLes signataires rappellent les difficultés rencontrées par la restauration collective ces dernières années, liées d'abord aux confinements puis à la hausse du coût des matières premières et désormais de l'énergie. (©Pixabay)

Dans cette lettre consultée par l'AFP, le Syndicat national de la restauration collective (SNRC), le réseau Restau'Co ou encore le Syndicat national des entreprises de restauration et services (SNERS), avec la FNSEA et la Coopération agricole, réclament « une revalorisation du budget alimentaire par les collectivités », à qui ils fournissent ces repas. Se disant « conscients des difficultés budgétaires que les collectivités rencontrent », ils demandent en même temps un soutien renforcé de l'Etat auprès de celles-ci, avec une « contribution qui soit ciblée sur l'achat de produits alimentaires et les prestations de repas ».

Cette lettre ouverte est adressée notamment à Emmanuel Macron, présent mercredi au congrès de l'Association des maires de France (AMF) à Paris, et à son président David Lisnard. Elle est aussi destinée à la Première ministre Elisabeth Borne, ou au ministre de l'Economie Bruno le Maire.

Les signataires rappellent les difficultés rencontrées par la restauration collective ces dernières années, liées d'abord aux confinements puis à la hausse du coût des matières premières et désormais de l'énergie. Les professionnels du secteur avaient estimé début novembre que celui-ci traversait « la crise la plus profonde de son histoire », le prix des ingrédients ayant par exemple augmenté de « plus de 12 % » en un an.

La loi EGalim, de plus, a fixé aux cantines publiques l'objectif de servir au moins 50 % de produits dits durables ou de qualité, dont 20 % issus de l'agriculture biologique. « Mais pour y répondre, il est essentiel de donner à la filière les moyens de ces ambitions », estiment les signataires.

Inflation et changement de réglementation ont entraîné « à part égale, une augmentation nécessaire de 40 centimes d'euros par repas ». Il est donc primordial, selon eux, « de prendre en compte l'augmentation des coûts de production dans les contrats jusqu'au bout de la chaîne ».

Les professionnels de la restauration collective avaient déjà demandé début novembre à leurs clients - les collectivités et les établissements scolaires - une hausse d'« au moins 9 % » de leurs contrats.

« Le risque d'un désengagement des acteurs du marché de la restauration collective est grand », préviennent-ils, avec une « augmentation d'appels d'offres infructueux ». Cette filière nourrit, chaque jour, « 10 millions de citoyens », des cantines scolaires aux Ehpad.


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