Momagri Bassin méditerranéen : un nouveau partenariat pour la sécurité alimentaire

Momagri Terre-net Média

Dix pays de la zone méditerranéenne se sont mis d’accord pour initier une stratégie de lutte contre l’insécurité alimentaire, créer un dispositif adapté de gestion des crises alimentaires et favoriser la croissance et l’emploi en milieu rural.

MoissonsDix pays de la zone se sont mis d’accord pour initier une stratégie de lutte contre l’insécurité alimentaire. (©Terre-net Média)Ainsi, dix pays de la zone (les cinq pays de l’Union Maghreb arabe – Algérie, Tunisie, Libye, Mauritanie, Maroc – et cinq pays du sud de l’UE – Espagne, France, Malte, Portugal, Italie) se sont mis d’accord pour initier une stratégie de lutte contre l’insécurité alimentaire, créer un dispositif adapté de gestion des crises alimentaires et favoriser la croissance et l’emploi en milieu rural.

Les pays participants se sont engagés à « asseoir un partenariat », avec deux objectifs, ainsi que l’a présenté le ministre français, Stéphane le Foll. D’abord un « observatoire de la consommation et de la sécurité alimentaire » pour la région. Deuxième objectif, la mise en œuvre en février prochain d’un « système technique d’échanges statistiques sur l’ensemble des productions agricoles et des niveaux de stockage », sur le modèle de l’Agricultural Market Information System (Amis) qui existe déjà pour le G20. Comme l’a précisé Stéphane le Foll, ces instruments sont « extrêmement importants dans les coordinations des politiques agricoles », afin d’ « éviter les effets de la volatilité sur les marchés et les effets spéculatifs qui peuvent apparaître au moment où on s’y attend le moins ».

Cette nouvelle initiative est audacieuse car les défis à relever dans la région méditerranéenne pour lutter contre l’insécurité alimentaire sont de taille. En effet, si l’agriculture constitue l’un des piliers fondamentaux de ces économies et fait vivre 25 % de la population totale de la zone, elle demeure fragilisée par plusieurs facteurs :

  • des facteurs structurels : la limite des ressources en terres arables et les sécheresses chroniques, la pression démographique, la raréfaction de l’offre au niveau local face à une explosion de la demande, la vétusté des infrastructures ;
  • des facteurs de déstabilisation politique et économique dont les révoltes arabes ont été l’une des manifestations ;
  • des facteurs endogènes et des risques de marché : la financiarisation des marchés des matières premières agricoles et l’hypervolatilité des prix alimentaires qui est notamment l’un des facteurs déclencheurs des récentes crises alimentaires qu’a connu cette zone ;
  • « l’hyperdépendance céréalière » : la sécurisation des approvisionnements en denrées alimentaires est d’autant plus fragile que ces pays sont de plus en plus dépendants des marchés extérieurs. Ainsi, la Tunisie importe aujourd’hui 80 % de ses besoins en blé tendre et 20 % en blé dur. Une situation qui les expose d’autant plus à de brutaux retournements des cours agricoles.

« La déclaration d’Alger », pourrait ainsi être le socle d’une nouvelle stratégie agricole régionale à même d’accompagner les pays méditerranéens à relever leurs défis agricoles.


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