Interdiction de culture du maïs Ogm « Bataille nécessaire » pour les députés PS et Front de Gauche, l'Ump opposée

Afp

PARIS, 15 avr 2014 (AFP) - L'interdiction de la culture en France du maïs transgénique est « une bataille nécessaire », a affirmé mardi l'une des porte-parole des députés PS, un avis partagé par le Front de Gauche, tandis que l'UMP a martelé son opposition.

Avec la proposition de loi socialiste soumise mardi aux députés, « le message est simple : nous ne voulons pas de culture d'OGM en France », a lancé Annick Lepetit lors d'une conférence de presse. Et d'ajouter que « ce message s'adresse aux organisations agricoles qui défendent un modèle productiviste dépassé, aux lobbies qui font feu de tout bois pour faire tomber les gardes-fous législatifs, à l'Europe qui semble prête à baisser pavillon contre l'avis d'une bonne moitié des Etats ». « Cette bataille est nécessaire au moment où se négocie le traité de libre échange transatlantique et rappelle que la France et une partie de l'Europe ne sont pas prêtes à brader la qualité de leurs produits agricoles pour un plat de lentilles OGM », a conclu la députée PS.

La proposition de loi est soutenue par le gouvernement qui juge qu'il est « indispensable de maintenir le moratoire français » sur les OGM, au nom du « principe de précaution », a fait valoir dans l'hémicycle le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen. « Loin de moi l'idée de faire de l'obscurantisme, de l'anti-innovation, au contraire », a lancé ce spécialiste des questions de santé.

Par la voix de Brigitte Allain, agricultrice de profession, les écologistes ont demandé « à la France de rester ferme sur le refus des OGM », en regrettant que la proposition de loi « ne couvre que le maïs ». 

Le chef de file des députés Front de Gauche André Chassaigne, a affirmé : « nous n'avons pas besoin des cultures OGM en France, dont les conséquences environnementales ne sont pas maîtrisées et qui correspondent à une agriculture productiviste contraire à notre conception d'une agriculture paysanne ».

 

A l'inverse, les députés UMP sont « clairement opposés à l'interdiction car, sur un simple plan juridique, ce texte est à la fois anticonstitutionnel et contraire au droit européen », a souligné leur chef de file, Christian Jacob. « Le gouvernement le sait très bien, c'est juste pour faire plaisir aux Verts, c'est vraiment se ficher du monde », a lancé le député-maire de Provins (Seine-et-Marne). Dans l'hémicycle, Bernard Accoyer (UMP) a aussi dénoncé « une idéologie qui refuse d'accepter les données de la science », à l'œuvre selon lui dans cette proposition de loi. 

Au groupe UDI, il y aura « liberté de vote », a annoncé le porte-parole Jean-Christophe Lagarde, notant qu'en 2008 et 2012, compte tenu des « incertitudes scientifiques », les centristes étaient pour un moratoire, mais que « l'UE à plusieurs reprises a mis en cause la France ».

Nouvelle tentative pour proscrire de façon pérenne le MON 810, la proposition de loi PS, volontairement large, a pour but de sécuriser juridiquement l'interdiction du maïs du groupe américain Monsanto, édictée mi-mars en urgence par un arrêté juste avant la période des semis. Elle est identique à un texte du sénateur socialiste Alain Fauconnier, rejeté le 17 février au Sénat.

L'Union française des semenciers et l'association générale des producteurs de maïs ont attaqué cet arrêté au nom du droit d'« accès aux innovations biotechnologiques ». Le Conseil d'Etat, saisi par des pro-OGM, avait annulé l'été dernier un arrêté d'interdiction datant de 2011 du MON 810, rouvrant la voie à son utilisation et entraînant une riposte de la majorité. 


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