La CR reçue par Jean-Marc Ayrault Bernard Lannes, président : « Le 1er ministre a été attentif à nos demandes »

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La délégation de la Coordination rurale conduite par Bernard Lannes, son président, a le sentiment d’avoir été comprise sur les questions de gouvernance des coopératives, sur la loi d’avenir et les interprofessions.

De gauche à droite : François Lucas, vice-président de la Coordination rurale (CR), Daniel Condat, président de l’Opl (l’Organisation des producteurs de lait/CR), Bernard Lannes, président de la CR
De gauche à droite : François Lucas, vice-président de la Coordination rurale (CR), Daniel Condat, président de l’Opl (l’Organisation des producteurs de lait/CR), Bernard Lannes, président de la CR (© Coordination rurale)
Alors que s’écrit le projet de loi d’avenir de l’agriculture, la consultation de tous les syndicats agricoles représentatifs engagée par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, est l’occasion pour la Coordination rurale (CR) d’être reçue, ce 5 juin, pour la première fois depuis sa création à l’hôtel Matignon, dans le cadre de la préparation de la conférence sociale des 20 et 21 juin prochains. Pour Bernard Lannes, président du syndicat, qui conduisait la délégation (1), cette rencontre est un pas pour être invité à l’Elysée par le président de la République, François Hollande.

A la sortie de l’entretien de près d’une heure avec le Premier ministre, la délégation de la CR s’est réjouie à la fois de lui avoir fait part d'un certain nombre de demandes du syndicat mais aussi d’avoir rencontré une grande compréhension sur certaines de ses positions.

Le fil rouge de cette rencontre était "l’Economie agricole". Avec d'abord le prix du lait et les 25 €/1.000 l de hausse qui sont loin d’être acquis aux producteurs en raison des détournements auxquels pourraient être tentées les coopératives. Certaines annoncent qu’elles ne répercuteraient pas la hausse intégralement. Au final, cette situation pose à nouveau les problèmes de leur gouvernance.

« Le prix du lait payé aux éleveurs est un des plus faibles de l’Union, les coopératives prétextant qu’elles ne parviennent pas à le valoriser », déplore Bernard Lannes. « Mais à trop attendre, il n’est pas exclu que les bons niveaux des prix du lait sur les marchés mondiaux ne soient jamais répercutés sur le lait français ». Les éleveurs sont d’ores et déjà découragés de produire : la campagne de 2013/2014 commence avec un nouveau recul de la collecte selon une étude du ministère de l’Agriculture.

Aussi, pour remédier à une partie des problèmes de gouvernance, « nous demandons au Premier ministre que la prochaine loi d’avenir de l’agriculture en cours de rédaction offre la possibilité aux syndicats de siéger dans le commissariat de la coopération ». La CR souhaite aussi que ce même projet de loi prévoit l’entrée de l’ensemble des syndicats représentatifs dans les interprofessions.

C’est en fait l’ensemble du processus de négociation des prix du lait qu’il devient urgent de revoir pour pouvoir répercuter rapidement les hausses des prix des aliments et des prix des produits laitiers sans craindre les autorités de la concurrence.

Les Giee d'abord avec une dimension économique

La dimension économique de l’entretien avec Jean-Marc Ayrault est aussi celle que veut donner la CR aux Groupements d’intérêt écologique et économique (Giee). Autrement dit, ils seront d’abord des groupements d’intérêt « économique avant d’être écologique » et non pas « d’intérêt écologique avant d’être économique ».

Pour le syndicat, les Giee seraient, après 2014, une source de distribution des aides du second pilier de la Pac, aides qui seront gérées par les régions. Or les lobbys écologiques, qui y sont très bien représentés, savent se faire entendre au mépris des intérêts des agriculteurs !  « Aussi, regrouper les agriculteurs dans des Giee serait la seule façon de défendre leurs intérêts économiques », défend la CR.

Définis sur un territoire pour promouvoir ses productions, on peut s'autoriser à penser que ces  Giee cohabiteraient avec d’une part d'autres Giee établis à une échelle régionale voire nationale, chacun avec des objectifs précis, et d’autre part, avec des mesures de développement rural financées à titre personnel (comme le sont actuellement les Mae).

En fait, pour la CR, adhérer à un ou plusieurs Giee serait pour un agriculteur une porte d’entrée pour toucher les aides du second pilier après 2014. Et pour toucher le maximum d’aides, il reviendrait à chaque agriculteur de faire son marché parmi les dispositifs qui seront alors disponibles, qu’ils soient collectifs ou individuels.

Dans les Chambres d’agriculture gérées par la CR, seule ou avec la Confédération paysanne, comme dans le Puy de Dôme, Alain Condat, président de l’Opl, section "lait" du syndicat, a d’emblée proposé que leurs organisations départementales créent des Giie départementaux, gérés par les agriculteurs pour que les aides permettent de financer des mesures appropriées.

(1) Il s’agit de Bernard Lannes, président de la Coordination Rurale, François Lucas, vice-président, Robert Caquineau, secrétaire général et de Daniel Condat, président de l’Opl (l’Organisation des producteurs de lait).

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