Biotechnologies Experts et société civile réunis au sein d'un Haut Conseil

AFP

Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a présenté mercredi le Haut conseil des biotechnologies, une instance mêlant experts et représentants de la société, avec pour mission d'éclairer les politiques sur des sujets souvent aussi "pointus" que polémiques, comme les Ogm.

Issu du Grenelle de l'environnement, le Hcb, créé par la loi sur les Ogm, sera un «outil unique en Europe et apparemment unique au monde de par sa conception, son mode de fonctionnement et son ambition», a déclaré M. Borloo devant la presse.

Le Hcb est composé de deux comités - l'un scientifique, l'autre, économique, éthique et social -, le deuxième devant émettre des «recommandations»  complétant les avis du premier. «La France est le premier pays à se doter d'une double évaluation», selon Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie. Catherine Bréchignac, présidente du Cnrs depuis 2006, dirigera cette instance pluridisciplinaire qui sera installée le 12 mai.

L'importande d'avoir deux comités

Mme Bréchignac, 61 ans en juin, est une scientifique reconnue et réputée indépendante. Habituée à traiter de toutes les disciplines, elle bénéficie d'une image de complète neutralité face à la question polémique des Ogm. M. Borloo lui avait déjà proposé ce poste en 2008 mais elle avait alors décliné. «Il a fini par me convaincre avec l'idée de ces deux comités, c'est extrêmement important d'avoir d'un côté les scientifiques, de l'autre, l'acceptabilité par les citoyens», a commenté Mme Bréchignac.

 Le premier candidat, le virologue Jean-Claude Darlix, avait été recalé par le parlement. La candidature de Catherine Bréchignac a été approuvée au début du mois par les députés puis les sénateurs. Le président du comité scientifique (34 membres - généticiens, biologistes, toxicologues, etc.) est Jean-Christophe Pagès, professeur reconnu en biologie et biochimie moléculaire.


La loi garantit la liberté
de consommer et de produire
«avec ou sans» Ogm
mais ne définit pas
le «sans Ogm».
(© Terre-net Média)

La présidente du comité économique, éthique et social (26 membres dont 3 personnalités qualifiées - associations écologistes et de défense des consommateurs, représentants des filières agricoles ou de l'industrie pharmaceutique, parlementaires etc.) est Christine Noiville, juriste, spécialiste des liens entre le droit et les évolutions scientifiques. «Il y avait besoin d'un deuxième cercle d'expertise», a souligné cette dernière. «L'évaluation scientifique des Ogm est insuffisante. Il faut y adjoindre une réflexion éthique, économique et sociale, savoir si oui ou non ça vaut le coup de courir un risque», a-t-elle ajouté.

Définir ce qu'est un produit sans Ogm

Au total, le Hcb comprend 63 membres. Parmi ses priorités, ce Haut conseil devra définir ce qu'est un produit sans Ogm, a indiqué Catherine Bréchignac. Une discussion qui s'annonce «difficile», selon Arnaud Apoteker, responsable de la campagne anti-Ogm de Greenpeace, et membre du comité économique, éthique et social du Hcb.

La loi garantit la liberté de consommer et de produire «avec ou sans» Ogm mais ne définit pas le «sans Ogm». Les pro-Ogm défendent l'adoption d'un seuil de 0,9% correspondant au seuil européen actuel d'étiquetage des produits contenant des Ogm. Les anti-Ogm souhaitent l'adoption d'un seuil de 0,1% correspondant à un niveau de détection technique. Le rayon des plantes génétiquement modifiées représente cependant moins de 10% des biotechnologies, le Haut conseil devra également se pencher sur d'autres questions complexes, comme les essais de thérapie génique ou les utilisations de médicaments vétérinaires issues de biotechnologies.


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