Larzac 2003 Bové appelle à faire échouer la réunion de l'OMC à Cancun

AFP

L'HOSPITALET-DU-LARZAC (France), 10 août (AFP) - Le syndicaliste paysan français José Bové a appelé de nouveau dimanche à faire échouer la réunion de l'OMC à Cancun (Mexique) en septembre, à l'issue des trois jours du rassemblement altermondialiste du Larzac (sud-ouest), qui a réuni plus de 150 000 personnes.

Sorti de prison il y a une semaine après avoir été incarcéré pour destruction de plants transgéniques, José Bové a appelé à "descendre dans la rue pour mener des actions contre l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et les multinationales à partir du 6 septembre", afin de faire échouer la réunion de Cancun, du 10 au 14 septembre.

"Il faut se mobiliser pour que le sommet de Cancun soit un échec, mettre les 146 gouvernements sous contrôle citoyen pour qu'ils ne signent pas à Cancun", a poursuivi José Bové devant plusieurs milliers de personnes.

Le syndicaliste paysan a une nouvelle fois interpellé le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, en demandant un débat sur la position de la France à l'OMC avant le sommet de Cancun.

"Nous allons les obliger à accepter ce débat, sinon nous ne savons pas de quoi sera fait l'avenir", a menacé José Bové.

Il a également appelé à "transformer tous les procès en mobilisation générale contre les OGM (organismes génétiquement modifiés) et en tribunes de revendication".

Grande vedette du rassemblement altermondialiste, il a toutefois écarté l'idée de s'engager dans une carrière politique. "Il n'est pas question pour moi de me présenter à une élection locale, nationale ou européenne", a-t-il déclaré.

Selon l'hebdomadaire français Le Journal du dimanche, beaucoup de partisans de José Bové l'encouragent à se porter candidat pour les élections européennes en juin 2004.

"Depuis le début, j'ai toujours dit que j'agissais en tant que citoyen inscrit dans le mouvement social. Je suis le porte-parole de la Confédération paysanne et il n'est pas pour moi question de changer de registre", a assuré le syndicaliste paysan.

"Notre combat ne s'arrête pas aux limites d'un pays, c'est un combat pour tous les paysans de la planète", a-t-il ajouté.

Il a annoncé qu'"en avril 2004" il cesserait ses fonctions de porte-parole de son syndicat, la Confédération paysanne, et qu'il n'avait "actuellement aucun projet pour l'avenir".

"Nous nous battons pour des valeurs d'humanisme, d'équité et de solidarité. Il ne doit pas y avoir chez nous telle ou telle personne qui aurait vocation à les incarner pendant dix ou quinze ans", a-t-il ajouté.

Au nom d'un même combat contre le libéralisme, militants altermondialistes, anti-nucléaires, pacifistes, régionalistes, associatifs et syndicalistes se sont retrouvés pendant trois jours sur le plateau du Larzac, à une vingtaine de kilomètres de Millau, qui avait vu José Bové accéder à la notoriété en démontant un restaurant McDonald's en 1999.

Alors que 50 à 100 000 personnes étaient attendues, ils étaient au plus fort du rassemblement samedi soir plus de 350 000, selon les organisateurs, 150 000 pour la préfecture de l'Aveyron.

Placé sous le thème "d'autres mondes sont possibles", Larzac 2003 s'est fait en dehors des partis politiques. Samedi, le stand du parti socialiste français a été "démonté" par des militants d'extrême-gauche, qui l'ont accusé d'avoir mené une "politique de droite" quand il était au pouvoir.

De son côté, un haut responsable du parti du président Chirac, UMP (droite), Philippe Douste-Blazy, a dénoncé "les amalgames" faits par le rassemblement altermondialiste.

"On ne peut admettre que les combats justes contre l'injustice entre le Nord et le Sud, la "mal-bouffe", ou le réchauffement de la planète soient utilisés par des groupes extrémistes au profit de leur nostalgie et de leurs utopies", a affirmé M. Douste-Blazy.



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