Libre-échange agricole Coordination rurale : « L'UE débridée et les agriculteurs asservis »

Terre-net Média

Alors que le Sommet Canada-Union européenne se déroule ce jour à Ottawa pour célébrer l'aboutissement des négociations sur l'accord de libre-échange (Ceta), la Coordination Rurale y voit le signe de l'abandon total du peu de régulation qui restait dans la politique agricole de l'UE.

« En effet, l'accord Canada-UE suit de très près l'Accord de Partenariat Économique (Ape) avec les pays d'Afrique de l'Ouest signé par les chefs d’État africains le 10 juillet dernier. Outre la dérégulation bilatérale des agricultures, l'un et l'autre ont en commun la grande opacité dans laquelle se sont déroulées les tractations dont les conséquences toucheront de plein fouet la sécurité alimentaire des pays en cause.

Des concessions dérisoires au regard des enjeux

Si on ne connaît pas encore les détails du texte du Ceta, le principe de cet accord est la disparition de 93 % des barrières douanières entre l'UE et le Canada concernant le secteur agricole, à l'image de l'Ape avec l'Afrique de l'Ouest. Il est frappant de constater que 2014, déclarée par l'Onu « année internationale de l'agriculture familiale », est d'abord marquée par des accords qui la condamnent chez les signataires !

La Coordination Rurale rappelle que la France ne peut pas se satisfaire des concessions obtenues sur les appellations : l'agriculture est bien plus diverse que ces seuls labels de qualité. Vu la situation du marché des céréales déstabilisé par les importations ukrainiennes, mais aussi de l'ensemble des viandes et des fruits et légumes, ces accords s'ajoutent à la catastrophique Pac 2015 et finissent de désespérer les agriculteurs.

L'exception agriculturelle est la chance des Européens

Heureusement, l'Ape et le Ceta doivent être aussi adoptés par le Conseil et le Parlement européens pour être applicables. Les eurodéputés nouvellement élus, doivent à tout prix prendre la mesure des risques que feraient courir ces accords s'ils les adoptaient : au-delà de la qualité de notre alimentation qui en serait nécessairement altérée, vu les normes de production plus basses dans ces pays que dans l'UE, c'est la sécurité alimentaire des Européens comme des Africains qui est remise en cause. Dans la situation géopolitique actuelle, ce serait donc une folie de franchir ce pas supplémentaire dans la déstabilisation.

Pour que cette année soit bien celle de l'agriculture familiale, base de la sécurité alimentaire, ainsi que du développement économique et social, la CR demande l'adoption de l'exception agriculturelle à l'Omc, seul moyen de permettre aux Etats de mettre en œuvre le modèle agricole nécessaire au bien-être de leur population. »


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