Aides Pac en 2019 De – 80 €/ha à + 88 €/ha, les régions perdantes et gagnantes de la convergence

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D’ici cinq ans, la réforme de la Pac conduira à un rééquilibrage des aides découplées entre les régions nord et les régions sud et également entre les régions les plus intensives et les plus extensives.

 Cliquez sur le graphique pour l'agrandir. (©Inra)

Une étude réalisée par Vincent Chatellier, économiste de l’Inra, et présentée à l’Académie d’agriculture de France (cf nota bene), dresse un panorama de la répartition des aides découplées et couplées du premier pilier de la Pac à l’horizon de 2019.

Toutes aides confondues, il en ressort, comme prévu, un rééquilibrage entre les régions nord et les régions sud et entre les régions les plus intensives et les plus extensives.

Pour le premier pilier, les agriculteurs picards seraient les premiers perdants de la convergence des aides  découplées en 2019, accusant une baisse de 80 €/ha de Sau en moyenne de leurs Dpu. Avec ceux d’Ile-de-France (- 64 €/ha)  et du Nord-Pas de Calais (- 59 €/ha) notamment, ils font partie des régions de grandes cultures impactées par la réforme en raison des montants élevés de leurs Dpu et de la superficie de leur exploitation. Ces baisses représenteront l’équivalent de 2 % à 4 % du chiffre d’affaires des exploitations concernées réalisé en 2011. Leur impact sera d’autant plus élevé que les prix agricoles seront faibles.

A contrario, ce sont les régions herbagères et montagneuses à dominance élevage qui tirent profit de la convergence. Le Limousin arrive en tête avec des aides par hectare de Sau majorées de 88 €. Jusqu’à présent, les surfaces en herbe sont les moins dotées en Dpu (75 €/ha).

Les régions de montagne bénéficient aussi d’une revalorisation significative des aides du premier pilier supérieure à 40 €/ha. La région Midi-Pyrénées, à la fois montagneuse et de plaine n’est pas, pour ces raisons, parmi le peloton de tête. 

Des gagnantes et des perdantes parmi les régions en polyculture-élevage

Entre les deux groupes, figurent les régions en polyculture-élevage avec, parmi elles, des gagnantes et des perdantes dans de plus faibles proportions par rapport aux régions leaders.

Ainsi, les régions d’élevage intensif et dans une moindre mesure, une partie de celles en polyculture-élevage, font partie des perdantes de la réforme de la Pac. Sur des exploitations de dimension inférieures, le niveau élevé de leurs Dpu historiques n’est pas compensé par la surdotation des 52 premiers hectares programmée par la réforme de la Pac.

Du coté des « faibles gagnantes », figurent six régions de polyculture-élevage qui ne tireront pas un grand bénéfice de la convergence des aides découplées.

Ceci dit, ces tendances régionales masquent évidemment des disparités départementales et individuelles. Par ailleurs, la convergence ne réduira pas les divergences entre les régions où les aides sont majoritairement découplées et celles qui sont portées sur le couplage. Dans les premières, « les aides découplées inciteront à la conservation du foncier par les aînés (gestion par Eta) » et elles seront très sensibles à la volatilité des prix. Enfin, « un excès d’aides découplées peut même nuire à l’innovation ou à la restructuration », souligne Vincent Chatellier

En revanche, dans les régions où les aides couplées constituent l’essentiel des soutiens du premier pilier, leur hausse ne se substituera jamais à des prix rémunérateurs ! La convergence favorable pour ces régions d’élevage représente jusqu’à 10,8 % (base Rica 2011) en région Limousin du chiffres d’affaires de 2011 (derniers chiffres fiables connus) mais seulement entre 2 % et 6 % dans les autres principales régions bénéficiaires !

Les principales hypothèses à partir desquelles les simulations ont été réalisées : - données du Rica France 2011 - estimations à horizon 2019 (sans prendre en compte les phases de transition programmées sur la période) ; - convergence de 70 % des aides découplées réalisée à l’échelle nationale et sur l’ensemble des surfaces éligibles aux Dpu ; elle porte sur les paiements de base et vert - plafonnement de la perte à 30 % maximum des aides directes du pilier I - renforcement du couplage avec des aides directes couplées de 2012 conservées + lait de vache : 80 millions d’€ (au prorata des effectifs de vaches laitières), engraissement des bovins mâles (10 millions d’€ (prorata des mâles vendus de 1 à 2 ans) et protéines végétales (150 millions d’€. 100 €/ha en faveur des protéagineux et de la luzerne déshydratée et près de 30 €/ha de prairies temporaires).

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