; Réaction de la CEPM suite à la proposition de la Commission européenne

Dérogations Pac 2023 La CEPM condamne « l'absence de prise en compte du maïs et du soja »

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Dans le contexte de la guerre en Ukraine, les Etats membres de l'Union européenne ont demandé une dérogation aux BCAE 7 et 8 pour l'année 2023. Si la proposition de la Commission européenne « répond à cette demande », la Confédération européenne de la production de maïs (CEPM) condamne « l'absence de prise en compte du maïs et du soja, au prétexte que ces cultures sont destinées à l'alimentation animale ».

La Commission européenne a accordé le 22 juillet son feu vert pour prolonger en 2023 des dérogations sur les règles environnementales pour les jachères et la rotation des cultures, afin de maximiser la capacité de production de l'Union européenne (UE) pour les céréales destinées à l'alimentation humaine

« Cette proposition correspond à un réel enjeu de souveraineté alimentaire, mais il est inadmissible qu’une forme d’idéologie en entache la réelle portée, a déclaré Daniel Peyraube, président de la CEPM. Le maïs européen contribue à la souveraineté alimentaire et énergétique de l’UE, les producteurs ne comprennent pas qu’une fois de plus on les prive de cette fierté pour de mauvaises raisons ! »

Dans un communiqué du 25 juillet 2022, la confédération rappelle : « les marchés mondiaux et européens du maïs sont fortement déstabilisés par l’invasion de l’Ukraine. Ce pays est le 4e exportateur mondial de maïs (16 % des exportations mondiales) et le 1er fournisseur de l’UE (55 % de ses importations). [...] Si le récent accord diplomatique, sous l’égide de la Turquie et de l’ONU, devrait permettre une fluidification des échanges de maïs ; celle-ci sera longue étant donné les dégâts matériels causés par l’agression russe sur les infrastructures ukrainiennes. Par ailleurs, la production ukrainienne restera perturbée au moins pour la campagne 2022/2023, étant donné les baisses de surfaces constatées et les difficultés des producteurs ukrainiens à exprimer le plein potentiel de leurs cultures dans le contexte actuel ».

Si l’alimentation animale reste le principal débouché du maïs dans l’Union Européenne, la CEPM tient aussi à souligner que « les produits animaux participent également à la souveraineté alimentaire européenne ainsi qu’à une moindre dépendance aux fertilisants de synthèse. Par ailleurs, une part conséquente du maïs européen est également destinée directement à l’alimentation humaine notamment sous forme de semoule, d’amidon et de maïs doux ».

Enfin, la CEPM souhaite rappeler, « à l’instar de la Commission Européenne, qu’il est nécessaire de mener de front l’adaptation au contexte récent de l’invasion de l’Ukraine et de poursuivre les objectifs du Pacte Vert européen. Cela nécessite de la part de la Commission Européenne une mise en cohérence entre ses politiques commerciales, agricoles et environnementales, sous peine de renforcer la tendance observée ces dernières années d’une remise en cause de la souveraineté agricole et alimentaire de l’UE et de poursuite de l’augmentation de la part des importations de maïs en provenance de pays ne respectant pas des standards élevés de production, pourtant suivis par les producteurs européens ».


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