Négociations avec les distributeurs Des agriculteurs investissent le siège de E.Leclerc

AFP

Une cinquantaine d'agriculteurs ont investi lundi le siège social de E.Leclerc à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), où ils ont lâché des pigeons, une action visant à maintenir la pression dans la dernière ligne droite des négociations avec la grande distribution, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des dizaines d'agriculteurs de l'Ouest ont investi le siège de Leclerc lundi matin 26 février, à deux jours de la fin des négociations commerciales.Des dizaines d'agriculteurs de l'Ouest ont investi le siège de Leclerc lundi matin 26 février, à deux jours de la fin des négociations commerciales. (©@EHenryfdsea49) 

Les agriculteurs des Jeunes agriculteurs (JA) et de la FNSEA de Bretagne et des Pays-de-la-Loire se sont introduits dans le hall du siège de E.Leclerc en scandant « On veut vivre de notre métier » et « On n'est pas des pigeons », tout en lâchant une petite dizaine d'oiseaux à l'intérieur du bâtiment.

Clément Traineau, un agriculteur de 32 ans installé dans le Maine-et-Loire, a expliqué qu'il vendait « 90 % de sa production » aux distributeurs. Il leur vend son kilo de viande 3,5 euros, alors qu'il lui coûte 5,1 euros à produire, dit-il, avant de résumer : « Plus j'en fais (de viande), plus j'en perds ».

Trois responsables ont été reçus par la direction. Les agriculteurs ont dit avoir commencé par E.Leclerc car « c'est le pire, celui qui tire le plus les prix vers le bas  », mais ils comptent mener des actions contre d'autres sièges de distributeurs en région parisienne dans la journée.

« On n'est pas le pire, loin de là », a rétorqué Sébastien Chellet directeur général du Galec, le groupement d'achat d'E. Leclerc, après sa réunion avec les agriculteurs. Le prix qu'ils reçoivent pour leur production « est aussi une préoccupation pour nous. On tient compte de ces revendications dans les négociations qui sont en cours », a-t-il assuré. « Entre l'agriculteur et le distributeur, il y a une industrie qui s'appelle l'industrie agro-alimentaire et l'industrie de transformation », s'est-il défendu, en rejetant la faute sur les industriels de la chaîne agro-alimentaire.

« Ils nous disent toujours que c'est pas eux, c'est les autres », a soupiré Jean-Marc Lézé, président de la FRSEA Pays-de-la-Loire. « On demande de la transparence et donc on est prêt à travailler avec les enseignes à des contrats tripartites », réunissant agriculteurs, distributeurs et industriels pour former les prix, a-t-il expliqué.

Dans l'après-midi, les agriculteurs sont allés protester devant le siège de Carrefour à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Trois d'entre eux ont été reçus par la direction, mais à leur sortie, ils ont estimé que les discussions avaient été « complètement stériles ». 

Les agriculteurs de l'Ouest ont organisé diverses actions - blocage de magasins, détritus déversés en Bretagne et en Pays-de-la-Loire depuis début février, en marge de leurs négociations commerciales annuelles avec la grande distribution et les industriels, qui s'achèvent jeudi. Ils entendent rappeler à leurs interlocuteurs les engagements pris lors de la signature d'une charte de bonne conduite. Cette charte a été signée le 14 novembre entre représentants des agriculteurs, de l'industrie agroalimentaire et de la distribution pour permettre une meilleure répartition de la valeur entre les acteurs de la chaîne et arrêter la guerre des prix , en attendant le projet de loi issu des États généraux de l'agriculture.


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