Distorsions de concurrence Des agriculteurs manifestent en vendant leurs fruits et légumes à Paris

AFP

Des agriculteurs ont vendu fruits et légumes directement auprès des consommateurs mercredi à Paris, place de la République pour dénoncer les effets de la concurrence européenne, demandant l'instauration d'un prix minimum à l'importation sur le marché français.

« On veut sensibiliser les consommateurs et le pouvoir politique sur les problèmes de distorsion de concurrence et de dumping social en Europe », a expliqué auprès de l'AFP Céline Murel, secrétaire nationale de la Confédération paysanne, à l'initiative de cette opération éphémère. À titre d'illustration, poursuit Mme Murel, « le prix rémunérateur pour des producteurs d'abricots est de 1,80 le kilo en France aujourd'hui. Or, on a des abricots qui viennent d'Espagne à 0,90 ou 1 euro/kg ». Conséquence : sur ces six dernières années, 29 % des fermes fruitières en France ont disparu et près de la moitié des fruits et légumes consommés dans l'Hexagone sont désormais importés, a assuré le syndicat agricole, qui dénonce des « réglementations et pratiques sociales au rabais » dans l'Union européenne. « Ces distorsions de concurrence sont mortifères pour le revenu des productrices et producteurs français », a souligné le syndicat.

Environ une centaine de personnes attendaient l'ouverture de la vente, sous une chaleur terrassante. Parmi elles, Christine, la soixantaine  : « Je suis venue soutenir les agriculteurs, j'achète parfois mes fruits et légumes en supermarché mais ils ne sont pas hyper bons, ils n'ont pas de goût du tout », a-t-elle regretté auprès de l'AFP. De leur côté, Alexis et Jacques ont fait le trajet depuis le Val-de-Marne (Île-de-France), privilégiant les circuits courts aux achats en grandes surfaces. « On préfère la vente directe, en grande surface les produits ne sont pas toujours frais, ils arrivent parfois abîmés à cause du transport et ils sont chers », ont-ils argumenté. « Parfois il y a des fruits qui viennent d'Argentine, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond », s'est exclamée Alexis.

Au total, environ deux tonnes de tomates, aubergines, abricots, melons en provenance de la Drôme (Auvergne-Rhône-Alpes) ont été proposés par la Confédération paysanne aux consommateurs d'Île-de-France. Pour faire face aux difficultés du secteur, le syndicat demande au gouvernement la mise en place « d'un prix minimum d'entrée sur le marché français pour tous les fruits et légumes importés ». Ainsi, « ne seraient admis sur le marché hexagonal que les lots dont le prix serait supérieur ou égal au prix de revient moyen en France, comprenant le coût de production et la rémunération paysanne ».


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