Congrès de l’OPG « Des plans de filières déconnectés de l’objectif d’une meilleure rémunération »

Terre-net Média

Les céréaliers de la Coordination rurale étaient réunis en congrès annuel mercredi 24 janvier 2018 à Étréchy, dans l’Essonne. Maintenus en difficultés par les prix bas, ils dénoncent les orientations prises dans les plans de filières céréales et oléoprotéagineux élaborés par les interprofessions.

Nicolas Jacquet, président de l'OPG (ici lors du congrès 2017), fustige l'orientation des plans de filières céréales et oléoprotéagineux.Nicolas Jacquet, président de l'OPG (ici lors du congrès 2017), fustige l'orientation des plans de filières céréales et oléoprotéagineux. (©Terre-net Média)

Réunis en congrès annuel mercredi 24 janvier 2018 à Étréchy, dans l’Essonne, les céréaliers de l’Organisation des producteurs de grains, branche céréalière de la Coordination rurale, ont fustigé les plans de filières élaborés par les interprofessions Unigrains et Terres Univia.

« En céréales, l’objectif serait de produire à 140 € la tonne pour arriver à exporter sur les pays tiers », explique le syndicat. « Un chiffre déjà intenable » aujourd'hui pour l’OPG qui estime que demain les exigences sociétales auront un impact significatif sur les rendements, dont la diminution entraînera obligatoirement une augmentation du coût de production des céréales.

« Concernant les oléoprotéagineux, le plan proposé n’a qu’un seul objectif : sauver les usines de Diester. Par conséquent, il ne répond pas à un rééquilibrage des productions en faveur d’un développement de ces cultures, pourtant nécessaire pour améliorer l’autonomie alimentaire de l’Europe en protéines végétales », poursuit l’OPG.

Quid de la prise en compte des coûts de production

Surtout, les producteurs de la Coordination rurale dénoncent les incohérences des deux plans avec les objectifs affichés des Etats généraux de l’alimentation. « L’une des conclusions des États généraux de l’alimentation était de partir des coûts de production des agriculteurs pour fixer les prix. En ne suivant pas cette règle, ces deux plans discréditent et mettent en péril l’ensemble du travail réalisé pendant les EGA. »

L’OPG réclame, pour la filière céréalière, la prise en compte des coûts de production pour la fixation des prix, comme le propose le Gouvernement pour les autres filières. Pour Nicolas Jacquet, président du syndicat, « il manque 110 €/t aux producteurs » pour qu’ils bénéficient de prix « équitables ». « Ok pour du blé équitable à 240 €/t », calcule un producteur.

Et le syndicat de rappeler : « Toutes les productions agricoles sont liées les unes aux autres et les grandes cultures sont aux productions agricoles ce que le diapason est à l’orchestre. L’agriculture ne pourra sortir de la crise que s’il y a une réelle prise de conscience de tous les acteurs, ce qui ne semble malheureusement pas être le cas aujourd’hui. »


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