Indicateurs de coûts de production E.Macron menace de sanction les acteurs qui ne joueraient pas le jeu du dialogue

AFP

Le président Macron a promis vendredi des sanctions pour les acteurs des filières agro-alimentaires qui ne joueraient pas le jeu du dialogue pour trouver des indicateurs de prix communs d'ici septembre, date du prochain rendez-vous prévu avec les 5 principaux syndicats agricoles.

Dès le début des États généraux de l'alimentation (EGA), Emmanuel Macron avait voulu responsabiliser les interprofessions pour que leurs membres, producteurs, transformateurs et distributeurs, travaillent main dans la main. Alors que cette question a fait patiner les travaux sur la loi Alimentation, issue des EGA, il s'est de nouveau montré ferme en exigeant des compromis, et proposant même des sanctions pour les acteurs récalcitrants, mais sans plus de précisions.

« Nous avons rappelé quelles étaient nos lignes rouges sur ce projet de loi Alimentation. Nous avons évoqué la question des indicateurs et rappelé que nous souhaitions qu'ils soient portés, proposés par les filières parce que c'est de leur responsabilité. Ces filières doivent donc se parler », a indiqué le ministre de l'agriculture Stéphane Travert à l'issu d'une réunion à l'Elysée avec la FNSEA, les Jeunes agriculteurs (JA), la Coordination rurale, la Confédération paysanne et le Modef. « Il est évident que si demain des filières ne remplissent pas les conditions pour lesquels nous souhaitons porter une ambition pour l'agriculture, qui permettrait aux agriculteurs de pouvoir vivre dignement de leur travail, nous procéderions à quelques modifications sur le seuil de revente à perte et l'encadrement des promotions », principales dispositions envers la grande distribution dans la loi, a-t-il ajouté.

Le gouvernement demande que les filières se mettent d'accord sur des indicateurs de coûts de production qui serviront de base à l'établissement des prix pour qu'il n'y ait plus de vente à perte. Mais les agriculteurs voudraient que l'État mette en place un garde-fou pour éviter que les acteurs les plus puissants, distributeurs et transformateurs, n'imposent leur volonté. « Le président reste sur sa volonté de redonner du revenu aux agriculteurs. Tant mieux, nous aussi. Il s'engage à faire pression sur les acteurs qui ne jouent pas le jeu. Nous les avons identifiés. Nous allons donc travailler dans le mois qui vient pour construire les dispositifs de la loi Alimentation », a assuré la présidente de la FNSEA Christiane Lambert. Cette dernière a trouvé positif le calendrier annoncé par le président : « nous avons rendez vous mi-septembre autour du premier ministre, puis fin septembre avec le président de la République pour faire le point de l'état d'avancement de nos travaux avant le vote final de la loi Alimentation, pour qu'elle puisse être mise en service avant les négociations commerciales ». Le doute perçait cependant chez certains syndicats : « on ne sera satisfait que quand l'argent sera revenu dans les cours de ferme », a indiqué le président des JA Jérémy Decerle.


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