Voeux du président de la République Emmanuel Macron veut muscler la filière colza et tournesol

AFP

Emmanuel Macron souhaite muscler la production des oléoprotéagineux (colza, tournesol...) en France pour la diriger vers l'alimentation animale ou humaine, en construisant une « filière protéines » d'ici cinq ans.

Après avoir souligné que la France dépendait d'importations extérieures en matières de soja non OGM, le président de la République a estimé que le pays avait besoin d'une « vraie filière protéines » d'ici « les cinq ans à venir », dans son discours de vœux à l'agriculture prononcé dans le Puy-de-Dôme.

Ces déclarations vont dans le sens de ce que la filière prône auprès des agriculteurs. Pas plus tard que mercredi, le président de la FOP (producteurs d'oléoprotéagineux), Arnaud Rousseau, a acté un changement de modèle, lors de l'assemblée générale de sa fédération à Paris. « Le biocarburant, ça reste central », a déclaré Arnaud Rousseau, tout en estimant que le moteur de la production d'oléoprotéagineux allait désormais « devenir la protéine ».

Aujourd'hui, l'huile issue du colza français est valorisée pour les deux tiers dans la fabrication de biocarburant et pour un tiers en alimentation.

« Il nous faut aussi une vraie stratégie nationale de souveraineté alimentaire », a déclaré Emmanuel Macron. « Derrière, ce n'est pas simplement des enjeux agricoles, ce n'est pas simplement des enjeux de production, c'est aussi toute la question de l'alimentation, toute la question géostratégique et géopolitique de dépendance de l'Europe ou pas à la protéine contre le continent américain, tout l'enjeu de la manière dont on va établir nos relations avec le continent africain, avec la question de la migration », a déclaré à l'AFP Arnaud Rousseau avant ce discours.

« Il y a clairement une prise de conscience du fait que le modèle qui a été développé depuis trente ans, basé essentiellement sur l'huile comme solution du "mix" énergétique, va plutôt décroître dans les 15 prochaines années, alors que le sujet de la protéine, qui était moins prégnant ces 20 dernières années, va, lui, prendre une envergure très importante », a-t-il ajouté.

Face aux difficultés rencontrées par les producteurs, confrontés notamment au scandale des moteurs diesel et à la concurrence du biodiesel argentin, Arnaud Rousseau, également patron du groupe Avril, estime que ce rééquilibrage et le développement d'autres débouchés, notamment dans la chimie verte, offrent « des raisons d'espérer et de forts enjeux » aux agriculteurs, « face aux difficultés qu'ils rencontrent en ce moment dans leurs exploitations ».

Environ 5,4 millions de tonnes de colza ont été récoltées en France en 2017, sur une surface de 1,4 million d'hectares (contre 3,4 millions de tonnes en 2003, sur 1,1 million d'hectares). En ce qui concerne le tournesol, 1,6 million de tonnes ont été récoltées en 2017, sur 584 000 hectares.


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