Loi agriculture et alimentation Espoir et inquiétudes chez les agriculteurs

AFP

Le vote du projet de loi agriculture et alimentation en première lecture à l'Assemblée nationale mercredi suscitait un  mélange d'espoirs et d'inquiétudes chez les agriculteurs, jugeant le texte inachevé.

« Le point positif c'est l'avancée sur les outils de construction du prix en marche avant (prix calculé à partir des coûts de production de l'agriculteur, ndlr), et l'établissement d'indicateurs neutres et inattaquables » sur la rémunération des agriculteurs, a déclaré à l'AFP la patronne de la FNSEA Christiane Lambert. « C'est un nouveau code de la route, et maintenant il faut des gendarmes et des amendes », a-t-elle indiqué en demandant la possibilité « d'ajouter un deuxième arbitre après le médiateur » des relations commerciales, « comme la possibilité de saisir le juge, en référé ».

Pour la Confédération paysanne, le compte n'y est pas en revanche. « La loi devait redonner des revenus aux paysans, c'est plus que loupé », car aujourd'hui « il n'y a aucune contrainte imposée à l'agroalimentaire et à la distribution pour redistribuer leurs marges », a assuré à l'AFP Nicolas Girod, de la Confédération paysanne. « L'inversion de la formation des prix c'est bien, par contre il faut encore travailler sur l'équilibre des forces » entre les acteurs, a-t-il ajouté.

La FNSEA est mitigée sur le volet 2 du projet de loi, très discuté et qui concerne en particulier l'usage des phytosanitaires. « Nous saluons la mobilisation qui a permis d'éviter l'adoption d'amendements visant à alourdir encore plus les contraintes sur nos exploitations. Le ministre, le rapporteur, mais aussi des députés de tous bords, ont défendu les démarches volontaires (..) plutôt que de nouvelles interdictions », indique ainsi la FNSEA dans un communiqué. Le projet de loi ne comporte aucune mention de l'engagement d'Emmanuel Macron de ne plus utiliser de glyphosate en France d'ici 2021.

« Si la montée en gamme de l'offre alimentaire en restauration collective, la meilleure transparence des règles d'étiquetage, notamment pour l'origine du miel, sont des avancées que nous saluons, elles sont largement insuffisantes », souligne pour sa part la Confédération paysanne. La Confédération « en appelle désormais à la responsabilité du Sénat, représentant des territoires, pour faire preuve d'ambition pour la transformation du modèle agricole ».


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