Pommes de terre Face au marché déprimé, la gestion des volumes et l’export comme solutions

Terre-net Média

Les producteurs de pommes de terre de l’UNPT étaient réunis en congrès annuel au Havre mardi 13 février 2018. Faisant face à un marché déprimé et dénonçant des pratiques abusives des distributeurs, le syndicat veut rester vigilant sur les surfaces emblavées en 2018 et appelle à « oser l’export ».

Après une hausse de 21 % des surfaces plantées en 2017, l'UNPT considère que la gestion des surfaces est l'affaire de chaque producteur pour éviter un trop grand déséquilibre du marché. Après une hausse de 21 % des surfaces plantées en 2017, l'UNPT considère que la gestion des surfaces est l'affaire de chaque producteur pour éviter un trop grand déséquilibre du marché. (©Terre-net Média)

A Arras en janvier 2016, les producteurs de pommes de terre de l’UNPT estimaient le marché « porteur mais fragile ». Un an plus tard, les mêmes producteurs, réunis en congrès au Havre mardi 13 février 2018, ont toujours autant de sources d’inquiétudes.

Les producteurs peuvent se réjouir d’une très bonne récolte 2017. Avec 131 640 ha plantés, surface en hausse de 5,1 % (+ 6 390 ha) par rapport à 2016, ils ont enregistré des rendements moyens de 46,95 t/ha, supérieurs à la moyenne 2012-2016. En résulte une production 2017 de 6 180 500 t, en hausse de 21 % par rapport à la précédente campagne. Dans les cinq pays principaux producteurs du nord-ouest de l’Europe, la production est globalement en hausse de 17,2 %.

Certes, les producteurs se retrouvent avec de bons volumes à commercialiser, mais la loi de l’offre et de la demande leur impose des niveaux de prix très dégradés. Pour l’UNPT, les surfaces plantées en 2017 ont été excessives. Et, dès début décembre, le NEPG (North-Western European Potato Growers) fédérant les producteurs de pommes de terre du nord-ouest européen, a, « invité les producteurs à bien appréhender leurs coûts de production cet hiver et à bien raisonner leurs emblavements pour la future campagne. » Pour Alain Dequeker, secrétaire général de l’UNPT, « la gestion des surfaces est l’affaire de tous ».

Le marché de l'industrie progresse de 13 % en cinq ans

Sur le marché domestique de pommes de terre de consommation, c’est la déprime. Entre 2015-2016 et 2016-2017, la consommation des ménages de tubercules a baissé de 5 %. Et sur le second semestre 2017, la tendance à la baisse se poursuit, à - 0,2 %.

Dans ce contexte, l’UNPT dénonce surtout les « braderies abusives » opérées par les distributeurs ces dernières semaines, en contradiction totale avec les engagements pris dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation en faveur d’une meilleure répartition de la valeur ajoutée. « Des pommes de terres bradées par Intermarché à 10 centimes le kilo, c’est brader 10 kg au prix d’une baguette ! A ce prix-là, ce n’est plus une promo, c’est une liquidation des producteurs », s’indigne le syndicat.

A la tribune du congrès du syndicat, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA a rappelé que « la montée en gamme demandée aux producteurs devait être accompagnée d'une montée en prix. »

A l’inverse de ce marché domestique déprimé, le marché de l’industrie se porte bien. La demande industrielle sur le périmètre du NEPG a augmenté de 13 % en cinq ans. Surtout, l’UNPT voit en l’export des opportunités, non seulement de débouchés, mais aussi de meilleure valorisation. Les volumes français exportés ont augmenté de 17 % en moyenne entre 2016-2017 et 2017-2018. Avec 432 473 t au deuxième semestre 2017, les exportations françaises sont nettement supérieures à la très bonne année 2013 (395 880 t). « Osez l’export », était d’ailleurs le thème retenu pour la table ronde de clôture du congrès au Havre.


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