Zones défavorisées Fin du blocus à Auch, extension du mouvement dans les Deux-Sèvres

AFP

Les agriculteurs de Nouvelle Aquitaine et d'Occitanie sont restés mobilisés mercredi contre le projet de réforme de la carte des zones défavorisées, mais à Auch (Gers), les manifestants ont décidé de lever le blocus de la ville qui durait depuis lundi.

Dans les Deux-Sèvres, le département de Nouvelle-Aquitaine le plus affecté par cette future réforme qui supprimerait des aides européennes conséquentes, les agriculteurs ont bloqué dès l'aube plusieurs accès à Niort. Les autoroutes A10 et A83 restaient coupées depuis la veille, beaucoup d'agriculteurs ayant passé la nuit sur les barrages routiers. Mercredi soir, le mouvement s'était propagé dans d'autres points du département, comme Bressuire ou Saint-Mexent.

A Pau, entre 120 et 140 tracteurs ont mené une opération escargot sur la rocade, d'où ils ont ensuite gagné la Foire exposition puis la préfecture, en centre-ville, où une délégation a rencontré le préfet. « Nous suspendons la mobilisation (...) Nous avons rencontré le préfet qui va faire remonter nos revendications au ministère. Nous savons que le ministère est en pleine réflexion donc nous attendons de connaitre leur calendrier », a expliqué à l'AFP Marc Aramendy, directeur FNSEA des Pyrénées-Atlantiques. « S'il le faut nous nous remobiliserons. On sait ce qu'on inflige à la ville de Pau, ce n'est pas de gaïté de cœur, mais s'il le faut on recommencera. On va faire du lobbying, en attendant, au Salon de l'agriculture à Paris », a-t-il ajouté.

A Auch, l'annonce de la fin de ce blocus dès mercredi 18h30, alors qu'il devait durer jusqu'à jeudi soir, a été faite par les responsables de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs ainsi que par le président de la Chambre d'Agriculture du Gers à la sortie d'une réunion avec la préfète. Celle-ci a réuni près de 80 maires, conseillers départementaux et élus gersois, accompagnés des responsables agricoles départementaux.

« Délai supplémentaire »

Lors de cette réunion, selon les participants, la représentante de l'Etat Catherine Séguin a confirmé qu'aucune carte des zones défavorisées n'était encore arrêtée et que le gouvernement a décidé d'accorder un délai supplémentaire pour étudier les propositions des instances agricoles. Il leur est demandé de mettre à profit ce délai - indéterminé - pour peaufiner leurs propositions afin de pouvoir intégrer un certain nombre de communes supplémentaires qui étaient écartées dans le projet de nouvelle carte du dispositif d'aides - l'Indemnité compensatrice de handicap naturel (ICHN) hors montagne - liées au classement en zones défavorisées.

Selon les responsables syndicaux, les agriculteurs de 74 communes du département perdaient le bénéfice de cette ICHN dans le projet. « Il serait inconcevable que certains territoires ne soient pas compris dans les zones défavorisées alors que leurs voisins le seraient », a commenté le président de la FDSEA 32 Christian Cardona qui demande « la continuité des territoires ». « Nous attendons de la part du ministre (de l'agriculture) un rendez-vous dans les prochains jours », a-t-il dit, demandant aux agriculteurs la levée des blocages de la capitale du Gers.

D'autres manifestations ont eu lieu en Occitanie. En Aveyron et dans le Tarn, les agriculteurs ont organisé des barrages filtrants et des opérations escargot. Dans les Hautes-Pyrénées, les agriculteurs ont bloqué des entrées et sorties de l'autoroute A64, selon la FDSEA. Dans l'Aude, à l'entrée du secteur de la Piège, une opération « Piège morte » était prévue. Les agriculteurs devaient procéder à « l'enterrement fictif » de ce secteur d'une quarantaine de communes, directement touchées par la nouvelle carte des zones défavorisées agricoles. Les agriculteurs, essentiellement des éleveurs, sont inquiets d'un projet de réforme de la carte des « zones défavorisées simples », donnant accès à d'importantes aides européennes.


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