Cotisations Fnsea 2010 Petit vent de fronde dans le Nord

Frédéric Hénin Terre-net média

Les prises de position de la Fnsea mécontentent des agriculteurs flamands. A Sercus (Nord) certains envisagent de ne pas renouveler leur adhésion pour 2010 ou tout au moins, de retarder le paiement de leurs cotisations.


Village de Sercus et son clocher du 12ème siècle (Nord) (© Guy Rolland)
Assez remontés, des agriculteurs de Sercus (Nord - 6 km d’Hazebrouck) envisagent de ne pas renouveler leur adhésion à la Fnsea pour 2010 ou tout au moins de retarder le paiement de leurs cotisations. Calculées en fonction des surfaces cultivées par les exploitations sercussoises, elles porteraient sur près de 1.200 hectares. Outre les terres de la commune de Sercus, les agriculteurs du village cultivent en effet de très nombreuses parcelles dans les communes environnantes.

« Nous devons verser près de 1.000 euros et pour quoi ? », déplore Régis Dumont du Gaec Dumont. « L’adhésion à l’Apli n’est que de 20 euros alors que l’association s’est distinguée ces derniers mois par son activisme. Même si au final ses dirigeants n’ont pas obtenu ce qu’ils revendiquaient ».

Régis Dumont envisage d’envoyer un courrier à la Fdsea59 pour expliquer sa prise de position et celle de ses collègues. Tous membres de la « Fédé » et pour la plupart éleveurs laitiers, ils ne sont pas satisfaits du manque de courage dont a fait preuve la Fnsea pour défendre leurs intérêts lors de la crise du lait. L’accord du 3 juin 2009 sur le prix du lait ne leur convient pas et ils auraient souhaité que leur fédération nationale s’implique davantage dans le mouvement de « grève du lait » d’octobre dernier.

Régis Dumont, lui, a pris l’initiative, avec ses enfants, de grossir les rangs des grévistes en épandant du lait à Hazebrouck. Il a arrêté de livrer du lait une journée.

Réaction d’Hélène de Villers, directrice de la Fdsea 59

« Aucune rumeur portant sur les éleveurs ne souhaitant pas payer leurs cotisations pour 2010 ne nous est parvenue. L’adhésion à la Fnsea reste un acte libre. Des éleveurs peuvent ne pas être satisfaits des positions du syndicat mais les revendications de l’Apli étaient utopiques. Des éleveurs belges sont parvenus à être payés 400 euros mais sur des marchés de niches. »
« Depuis des mois, le manque à gagner est si important que j’ai du verser de l’argent dans l’exploitation familiale reprise par mes enfants alors que je n’en suis plus que salarié, a confié Régis Dumont à Terre-net Média. En plus de 35 ans de carrière, je n’ai jamais eu besoin, moi, de demander un sous à mon père ! ». « Aujourd’hui, le lait du gaec est payé 28 centimes avec les primes alors que les cours de la poudre de lait et le beurre flambent ! C’est à n’y rien comprendre !», ajoute t-il.

Les actions de l’Apli font des émules. Après l’Appi (Association des producteurs de porcs indépendants créée sur le modèle de l’Apli), Régis Dumont réfléchit à la création d’une association de producteurs de pommes de terre indépendants. Il a l’intention de se renseigner auprès de Pascal Aubry, le fondateur de l’Appi, pour savoir comment lancer un tel mouvement qui aurait comme objectif, évidemment, de pouvoir vendre les pommes de terre à des prix rémunérateurs.


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