Accord UE/Usa Front commun des défenseurs de l'agriculture durable

Afp

BRUXELLES, 13 mars 2014 (AFP) - Une dizaine d'organisations européennes et américaines défendant agriculture durable et consommateurs ont fait front commun jeudi contre la menace que représente, selon eux, l'accord de libre-échange négocié entre l'UE et Washington.

OGM, poulets chlorés, bœufs aux hormones : « nous ne voulons pas exporter notre système agricole et alimentaire, qui est malade », a synthétisé pour la partie américaine Karen Hansen-Kuhn, de l'Iatp (Institut pour l'agriculture et la politique commerciale, opposé à l'agriculture intensive), lors d'une réunion à Bruxelles. Les négociateurs européens « nous assènent que l'accord n'entraînera pas de révision à la baisse des normes en vigueur des deux côtés de l'Atlantique, mais il suffit d'écouter les industriels des deux côtés pour comprendre que c'est ce qui est en jeu », a-t-elle jugé.

Le risque est que cet accord, TTIP, au centre d'un quatrième round de négociations qui devait être conclu vendredi à Bruxelles, « consacre la primauté des intérêts industriels sur l'intérêt du public », a mis en avant Camille Perrin, du Beuc (Bureau européen des consommateurs). Pour son organisation, la principale menace de l'accord est de sacrifier « le principe de précaution, qui est la clé de voûte du système européen de protection des consommateurs », ce qui n'est pas le cas aux Etats-Unis. Elle a cité l'exemple des hormones de croissance, « bannies de l'alimentation animale dans l'UE depuis 1981 avant même que leur toxicité pour l'humain, attestée 20 ans plus tard, soit prouvée ». Les négociateurs européens seront aussi soumis selon elle à une forte pression pour reculer sur les exigences des consommateurs européens en matière d'information, notamment en ce qui concerne l'étiquetage des OGM ou produits issus du clonage.

Pour l'Ong de défense de l'environnement Friends of the earth, le principe même du TTIP, qui serait le plus vaste accord de libre-échange au monde, est nocif. « Il s'agit d'intensifier encore un commerce fondé sur des systèmes agricoles et alimentaires non-durables » à l'origine notamment du « gaspillage de plus de la moitié de l'alimentation produite » et de crises de surproduction à répétition, a affirmé Adrian Bebb. « On nous promet plus d'emplois et de croissance, mais personne ne calcule l'impact net, en prenant en compte les coûts sanitaires, sociaux et environnementaux », a-t-il ajouté.

Au nom de l'European Milk Board, Sieta Van Keimpema s'est ainsi portée en faux contre l'idée que l'accord pourrait profiter aux fromagers européens. Selon elle, la production de qualité et de petite échelle ne pourra pas résister aux « énormes distorsions de la concurrence » attendues sur le marché. 


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