Aides Pac Greenpeace demande une Pac favorisant l'environnement et non l'élevage intensif

AFP

La politique agricole commune (Pac) verse des « montants considérables » à des exploitations agricoles très polluantes, selon une étude commandée par l'ONG Greenpeace qui demande à ce que la Pac « favorise réellement l'environnement et non l'intensification et l'agrandissement des structures ».

En croisant la liste des montants alloués aux bénéficiaires de la Pac et celle qui répertorie les émissions d'ammoniac par ferme (la seule pollution qui soit suivie à l'échelle des exploitations), l'étude identifie « 436 structures françaises qui polluent et pourtant continuent de toucher des subventions publiques européennes », assure l'association.

En choisissant le critère de l'ammoniac, qui provoque la prolifération des algues vertes, Greenpeace épingle 421 exploitations d'élevage intensif et 15 entreprises agro-alimentaires, « toutes du même type » : « des fermes usines qui produisent soit du porc, soit de la volaille par milliers », plus de 2 000 porcs ou 40 000 volailles, « ce qui est bien au-delà des standards de la production française », selon l'association.

Ces structures touchent des « montants colossaux d'argent public », selon Greenpeace : « les 20 premières ont ainsi touché plus de 115 000 euros annuels de subventions Pac en moyenne » en 2014 et 2015. Pour Greenpeace, cette étude « démontre l'intensité des lacunes concernant le suivi des pollutions liées à l'élevage », et elle demande donc « de la transparence et un vrai suivi des pollutions environnementales ».

Surtout, alors que la réforme de la prochaine Pac est en cours d'élaboration, Greenpeace estime que les subventions européennes doivent encourager à produire moins d'animaux de meilleure qualité, ce qui est « le seul moyen de réellement régler les pollutions environnementales liées à l'élevage ».

« Les aides de la Pac doivent absolument être plafonnées afin de stopper cette course à l'agrandissement et à l'intensification. Elles doivent en effet être conditionnées au nombre d'actifs et au nombre d'animaux par hectares pour permettre une réelle transition », juge Greenpeace.


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