Élections chambres d’agriculture 2019 J. Mouzat (Modef) : « Remédier au rejet du syndicalisme de la part des paysans »

Terre-net Média

Comme tous les autres syndicats, le Modef a déposé lundi 17 décembre ses listes de candidatures dans les préfectures en vue des élections des chambres d’agriculture 2019. Le Mouvement de défense des exploitants familiaux présente des listes dans 19 départements, pour défendre plusieurs axes prioritaires : « des prix rémunérateurs et des installations nombreuses pour que la société ait des agriculteurs en nombre dans tous les territoires ».

Jean Mouzat, président du Modef, lors du grand débat des élections chambres d'agriculture le 19 décembre 2018 à Paris.Jean Mouzat, président du Modef, lors du grand débat des élections chambres d'agriculture le 19 décembre 2018 à Paris. (©Terre-net Média) 

Cinquième syndicat agricole français, avec seulement 1,47 % des voix au compteur lors du scrutin des chambres d'agriculture de 2013, le Modef souhaite apporter sa « modeste contribution » au débat agricole et à la « nécessaire mutation de l'agriculture ». À quelques semaines des élections, Jean Mouzat, le président du syndicat, a répondu aux questions de Terre-net.

Terre-net (TN) : Il y a six ans, le Modef était présent dans 17 départements. Dans combien de départements, seul ou associé à un autre syndicat, le Modef est-il candidat en 2019 ?

Jean Mouzat (JM) : Le Modef sera présent dans 19 départements de manière officielle. Nous pourrons aussi compter sur les voix du « syndicat des mécontents du système agricole » du Cantal qui a choisi de rattacher ses voix au Modef.

Comme en 2013, le Modef de l’Allier fera liste commune avec la Confédération paysanne. Ce sera le cas également – et c’est une première – dans les Landes. Dans ce département, la gestion de la grippe aviaire a rapproché nos deux syndicats. Autre particularité en Guadeloupe, où le Modef fera liste commune avec les Jeunes agriculteurs.

TN : Quels sont vos objectifs pour ce scrutin ?

JM : Notre objectif est évidemment de mobiliser le maximum de voix sur les listes que nous présentons. Nous allons essayer de porter notre modeste contribution à la nécessaire mutation de l’agriculture dans les années qui viennent. Aborder la transition agroécologique est une nécessité. De même que le rôle que doivent jouer les paysans dans notre société.

Nous n’avons pas d’objectif chiffré. Mais pourquoi ne pas gagner la chambre d’agriculture de Guadeloupe ? Nous pouvons la gagner. L’essentiel pour nous est de faire le meilleur score. Nous pensions que ce serait plus difficile de constituer les listes. J’espère que nous allons réussir à mobiliser autour du Modef.

TN : Sur quelles thématiques cherchez-vous à mobiliser les agriculteurs ?

JM : Les agriculteurs ont besoin, plus que jamais, de prix rémunérateurs. Le monde agricole a besoin d’installations nombreuses, avec une maîtrise du foncier. La société a besoin d’agriculteurs nombreux sur tous les territoires. Voilà nos axes de réflexion. Il faut se mobiliser autour de ces questions essentielles. Il en va de la survie de notre agriculture.

TN : Ne craignez-vous pas un certain désintérêt des agriculteurs pour ce scrutin ?

JM : On sait, par expérience, que ce scrutin des chambres d’agriculture ne mobilise pas les agriculteurs. Le vote par correspondance tel qu’on le pratique aujourd’hui ne va pas favoriser la mobilisation. Le vote électronique non plus car les gens restent cloîtrés chez eux en se disant que leur vote ne changera rien. C’est aussi simple que cela.

Au contraire, il faut inviter les agriculteurs à prendre position, quel que soit le syndicat, car le rôle et les missions des chambres d’agriculture sont essentiels.

TN : Ce risque d’abstention ne témoigne-t-il pas d’un rejet général du syndicalisme agricole de la part des agriculteurs ?

JM : Oui, il y a un rejet à la fois du syndicalisme, et plus globalement de l’engagement politique. Ce phénomène n’est pas propre au secteur agricole. Le mouvement des gilets jaunes nous montre que la République est souffrante. Il n’y a pas assez d’engagement syndical et politique.

TN : Que faire pour redonner l’envie aux agriculteurs de s’engager ?

JM : À la suite de ces élections des chambres d’agriculture, organisons partout dans les départements, des réunions de réflexion ou tous les agriculteurs pourraient s’exprimer, notamment les représentants des syndicats qui sont finalement trop peu représentés, pour aborder tous les sujets cruciaux de préoccupation pour les agriculteurs !


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