Projet de loi de finances 2020 L'aide compensatoire à la filière sucrière des Outre-mer en débat

AFP

Le maintien de l'aide de l'État visant à compenser la fin des quotas de production de sucre en Outre-mer est « en débat » dans le projet de loi de finances pour 2020, a indiqué mardi la ministre des Outre-mer Annick Girardin devant les députés. En 2017, face aux inquiétudes de la filière canne-sucre des Outre-mer sur la levée des quotas de production au niveau européen au 1er octobre, qui risquait de les pénaliser, le gouvernement de l'époque avait accordé une aide de 38 millions d'euros annuelle aux entreprises sucrières de La Réunion et de Guadeloupe, pour leur permettre de compenser les surcoûts de production par rapport à la métropole.

Interrogée lors des questions au gouvernement par la députée de La Réunion Huguette Bello (PC) sur la possible disparition de cette aide, la ministre a expliqué que le sujet était « en débat entre les différents ministères » dans le cadre du projet de loi de finances pour 2020. Elle a rappelé qu'il s'agissait d'une « aide transitoire » de « 114 millions d'euros (...) pour trois années pour venir en aide à La Réunion et à la Guadeloupe suite à la fin des quotas sucriers ». « Faut-il renouveler ou pas cette aide qui était là pour aider à une transition ? », a-t-elle demandé. Annick Girardin a précisé que la filière, qui compte 40 000 emplois dans les deux territoires, bénéficiait aussi de « 69 millions d'euros » au titre du programme européen Posei (Programme d'options spécifiques à l'éloignement et l'insularité), et de « 90 millions d'euros au titre des aide nationales par campagne sucrière » pour « accompagner l'industrie, la logistique et les planteurs de canne eux-mêmes ».

La commission européenne avait donné son accord pour cette aide d'État pour une période allant du 1er octobre 2017 au 31 décembre 2020. « Les planteurs s'accordent pour affirmer que la suppression de cette aide structurelle remettrait en cause le maintien même de la filière canne-sucre-rhum-énergie à La Réunion », a assuré Huguette Bello, affirmant que « personne ne comprendrait une décision unilatérale du gouvernement qui contreviendrait à la fois aux engagements de l'État » et « aux déclarations de soutien du candidat Macron à la Réunion en mars 2017 ». « On ira au bout de l'enveloppe des 38 millions d'euros d'aide pour la canne à sucre, j'en prends l'engagement », avait alors déclaré Emmanuel Macron. « Le non-respect de cet engagement aurait des conséquences fortement négatives pour toute l'économie agricole », a également dénoncé dans un communiqué le député LR de La Réunion David Lorion.


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