Etats généraux de l'alimentation L'APCA présente un livre blanc pour des exploitations « multiperformantes »

AFP

Les Chambres d'agriculture ont présenté mercredi un livre blanc proposant des pistes pour faire évoluer les exploitations agricoles vers un modèle « multiperformant » : plus rentable, plus écolo et qui réponde aux demandes sociétales.

« Le traumatisme de 2016 », avec ses crises tant climatiques qu'économiques, « a été le point de départ de la réflexion sur ce livre blanc », car nous nous sommes aperçus que « nos systèmes d'exploitations étaient trop fragiles par rapport à nos changements d'environnement », a expliqué le président de l'Assemblée des chambres d'agriculture, Claude Cochonneau.

Le but de ce livre blanc était de « prendre en compte l'ensemble des paramètres de l'exploitation et tous les enjeux : économique, environnemental et sociétal », des notions qui sont également développées dans les Etats généraux de l'alimentation qui s'achèvent la semaine prochaine, a-t-il ajouté.

Ce document propose par exemple de « diversifier les sources de revenu agricole par le développement des filières bio-sourcées » (valorisation de la biomasse, production d'énergie, circuits courts, économie circulaire), ou d'utiliser de nouvelles pratiques de production comme améliorer le sol par l'augmentation du taux de matière organique ce qui permet de « concilier potentiel de production et atténuation du changement climatique ».

Accompagner les agriculteurs

Il propose également de « développer les méthodes biologiques et ou physiques de lutte contre les bio-agresseurs », c'est-à-dire de délaisser les produits chimiques pour lutter contre maladies et parasites. Les Chambres d'agriculture insistent cependant sur leur volonté de laisser à l'agriculture « l'arbitrage de ses propres objectifs d'entreprise », tout en l'accompagnant individuellement comme collectivement.

Cette demande fait écho à l'atelier 11 des états généraux traitant de la transition écologique et qui a été le lieu de vifs débats entre agriculteurs et ONG. « Si c'est le choix de la société de nous imposer de produire avec moins de produits phytosanitaires, il nous faut du temps pour nous adapter et que la société soit prête à payer le prix en conséquence », a indiqué Claude Cochonneau.

Si aux yeux des Chambres d'agriculture, il existe déjà des dispositifs d'accompagnement de la multiperformance des exploitations agricoles, comme les mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC), certains outils doivent être réorientés. Elles plaident également pour un meilleur dialogue entre instituts de recherche et agriculteurs afin de « développer une politique massive de transfert des innovations vers les agriculteurs », a expliqué Sébastien Windsor, président de la Chambre d'agriculture de Seine-Maritime.


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