Nitrates L'Etat rabote les zones vulnérables en Adour-Garonne

Afp

Toulouse, 30 mars 2015 (AFP) - L'Etat a partiellement répondu aux protestations de la Fnsea contre l'extension des « zones vulnérables » aux nitrates dans le bassin Adour-Garonne. Il a réduit d'un tiers la taille des nouvelles zones où s'imposent de sévères mesures antipollution, a-t-on appris lundi auprès de l'administration.

Deux arrêtés ont été pris à la mi-mars par le préfet de Midi-Pyrénées, coordonnateur du bassin Adour-Garonne, qui aménagent le durcissement de la carte de lutte contre les nitrates prévu l'été dernier, ont indiqué des responsables de la direction régionale de l'agriculture (Draaf) et de l'environnement (Dreal). Le projet initial avait provoqué une flambée de colère et de manifestations répétées du monde agricole dans le Sud-Ouest à l'automne dernier. Dès la fin août, les présidents des Chambres d'agriculture soulignaient que « les nouveaux critères » conduisaient à « une augmentation de plus de 80 % du nombre des communes classées en zone vulnérable, ce qui fragilise fortement l'agriculture du bassin Adour-Garonne et plus particulièrement son élevage ».

A la demande de la Commission européenne qui jugeait insuffisantes les mesures françaises contre la pollution des eaux par les nitrates, la France a abaissé de 50 mg/l à 18 mg/l d'eau le seuil au-delà duquel une zone est « vulnérable ».

Le Sud-Ouest, moins pollué que les zones de grande culture du bassin parisien, déjà en zone vulnérable, a pris de plein fouet le nouveau zonage présenté à l'été 2014. Il prévoyait d'ajouter 1.635 nouvelles communes aux 2.017 déjà concernées dans le bassin, qui couvre les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, ainsi qu'une petite partie des régions limitrophes (Auvergne, Languedoc-Roussillon, Limousin et Poitou-Charentes). La nouvelle carte ramène de 1.635 à 1.437 le nombre des nouvelles communes concernées et dans 524 de ces dernières, seule une partie du territoire sera classé en zone vulnérable, ce qui est impossible jusqu'ici. Au total, la surface nouvelle en zone vulnérable est inférieure de 36 % au projet initial. En revanche, le seuil de 18 mg de nitrates par litre d'eau subsiste, au-delà duquel l'exploitant doit prendre des mesures jugées exorbitantes par le principal syndicat agricole, la Fnsea.

L'épandage de tout engrais synthétique ou naturel (déjections animales) est interdit jusqu'à 7 mois et demi par an, ainsi que tout épandage à moins de 35 mètres des berges ou sur des sols en forte pente. Les agriculteurs sont donc tenus de stocker plus longtemps les déjections animales et donc d'investir dans des fosses étanches de plusieurs dizaines de milliers d'euros.

« Le gouvernement persiste dans le dogmatisme », regrette la Fdsea de l'Aveyron, département particulièrement touché. « 136 nouvelles communes aveyronnaises sont concernées quand en 2012, ce même arrêté n'en classait que 10... Nous subissons de plein fouet un changement de critère de classement qui n'a de surcroit aucun fondement scientifique reconnu. Les agriculteurs aveyronnais ne comprendront jamais qu'ils puissent être tenus pour responsables des algues vertes en mer du Nord », estime le syndicat dans un communiqué.


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