Confédération Paysanne La Chambre d'agriculture alternative du Pays Basque, un cas unique en France

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Saint-Jean-Pied-de-Port (France), 25 avr 2015 (AFP) - Cas unique en France, le Pays Basque compte depuis dix ans une Chambre d'agriculture alternative, créée sous la houlette de la Confédération paysanne pour promouvoir une agriculture moins productiviste.

A l'origine, l'idée née dans les années 1970 chez des agriculteurs locaux de « faire sur ce territoire une agriculture qui se voulait différente des modèles dominants », explique Michel Berhocoirigon, l'un des fondateurs d'Euskal Herriko Laborantza Ganbara (Ehlg), nom basque de la structure qu'il a présidée pendant dix ans.

Souvent éleveurs de brebis, ces adeptes d'une agriculture basée sur de petites fermes respectueuses de l'environnement deviennent membres d'Elb, la branche basque de la Confédération paysanne. Après avoir un temps travaillé avec la Chambre d'agriculture officielle des Pyrénées-Atlantiques, où la puissante Fnsea est majoritaire, ils s'en sont dissociés. « Si on en est arrivés à créer une chambre alternative, c'est que le cadre institutionnel n'a pas pris en compte ce qu'on faisait », justifie Michel Berhocoirigon.

En 2005, la structure voit le jour sous la forme d'une association loi 1901. Immédiatement attaquée en justice par l'Etat, qui estime qu'elle crée une confusion avec un établissement public. Après plusieurs années de bras de fer et deux procès gagnés (en première instance et en appel), « nous sommes désormais considérés comme un partenaire légal », se réjouit le fondateur.

Les agriculteurs basques ont le choix de s'adresser à la Chambre officielle ou à Ehlg. Chacune doit les informer qu'ils peuvent se tourner vers l'autre Chambre. Les paysans se répartissent « à 50-50 », estime-t-il. L'association compte aujourd'hui 16 salariés. Son budget d'environ 750.000 euros provient à parts égales de dons de personnes physiques, de prestations de services (conseils juridiques aux agriculteurs, installation de jeunes, diagnostic énergétique...) et de subventions des collectivités sur une dizaine de projets. Des chantiers qui soutiennent la création de filières locales de pain ou de viande bovine, par exemple. A la différence de la Chambre officielle, Ehlg compte des représentants d'associations de consommateurs et écologistes, mais aucun issu de l'industrie agroalimentaire. « On a réfléchi à qui n'avait pas intérêt à ce que l'agriculture paysanne se développe », résume Michel Berhocoirigon. Même si l'aventure a été facilitée par les structures collectives qui existaient déjà au Pays Basque, « ce que nous faisons n'est pas du localisme. Ce sont des valeurs universelles qui pourraient s'étendre ailleurs », croit dur comme fer le syndicaliste.


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