Utilisation des produits phytos La Confédération paysanne opposée à la reconduction de l'arrêté de 2006

Terre-net Média

La Confédération paysanne fait part de sa crainte que l'arrêté de 2006 relatif à l'usage des produits phytosanitaires soit reconduit pratiquement à l'identique.

L’application des produits phytos est actuellement régie par l’arrêté du 12 septembre 2006. Mais, suite à une requête de l’association nationale des pommes et des poires déposée en juillet 2015, le Conseil d’Etat a demandé aux ministères concernés d’abroger ce texte d’ici fin 2016. Pour éviter tout vide juridique, les ministères de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé planchent sur un nouveau texte. 

La Confédération paysanne, dans un communiqué du 23 novembre 2016, craint que cet arrêté soit finalement reconduit pratiquement à l'identique. Pour elle, « le souci de limiter les conséquences règlementaires de l'usage des pesticides l’a donc emporté sur la défense de la santé et de l’autonomie des paysans.  »

« La mise en place d'un délai de ré-entrée de 48h dans les parcelles traitées pour les produits classés CMR (cancérogène, mutagènes, reprotoxiques) serait accompagnée de possibilités de dérogation qui affaibliront considérablement le principe même de délai de ré-entrée : comment les pouvoirs publics peuvent-ils justifier une telle régression, quelques mois après la publication par l'Anses d'un rapport alarmant sur l'exposition des travailleurs aux pesticides ? » s'interroge le syndicat. « Le sujet de la protection des riverains est, quant à lui, remis à plus tard. Pour la Confédération paysanne, la perspective de gérer cet immense problème de santé publique au moyen de ZNT (zones non traitées), plus symboliques qu'efficaces, n'était pas à la hauteur de l'enjeu. Cette approche du problème n'aurait fait que des perdants : des riverains toujours exposés, et des paysans appelés à assumer seuls les conséquences d'une gestion à la petite semaine du scandale des pesticides par l'Etat. »

Le syndicat demande à L’Etat de « prendre les décisions qui s’imposent : comment peut-on encore autoriser l'utilisation de 489 préparations CMR dans la production de notre alimentation ? » « Ces changements doivent être réalisés dans le respect de l'intérêt général, qui comprend celui des paysans. Nous nous sommes trop longtemps empoisonnés comme exécutants de choix collectifs calamiteux, pour accepter de continuer ainsi, mais nous ne pouvons, ni ne voulons assumer seuls l’ensemble des changements qui s'imposent » poursuit la CP.

Le syndicat demande que « le retrait du marché des molécules CMR soit accompagné d'un soutien économique massif de la production, qui sera toujours moins coûteux pour la collectivité que la gestion des destructions de l'emploi agricole, de la santé publique, et de l'environnement, causés par les pesticides. Et il doit absolument être couplé à des mesures de contrôle des importations, sans lesquelles l'interdiction des molécules reviendrait à délocaliser la pollution. »


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