Epandage aérien La Coordination rurale dénonce le projet d'interdiction de Ségolène Royal

Afp

Paris, 28 mai 2014 (AFP) - La Coordination rurale (CR) a dénoncé mercredi l'engagement pris par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal d'interdire totalement les épandages aériens de produits phytosanitaires, y voyant un projet « irréaliste et inapplicable ».

Le syndicat « s'inquiète vivement de cette interdiction qui, au-delà d'un apparent mépris du métier d'agriculteur et de ses contingences de la réalité, révèle une complète déconnexion des réalités de la production agricole », explique la CR dans un communiqué.

Ségolène Royal s'est engagée lundi à signer un arrêté interdisant l'épandage aérien de produits phytosanitaires, alors que la Direction générale de l'Alimentation (Dgal) a maintenu des dérogations pour certains agriculteurs. Une interdiction totale aurait « des conséquences dramatiques pour les producteurs de bananes, qui ne pourraient plus lutter efficacement contre la cercosporiose noire », une maladie due à un champignon qui attaque les feuilles de bananiers, s'inquiète la CR. Une telle décision mettrait aussi « dans l'impossibilité de produire » les viticulteurs dont les vignobles sont en pente forte, ainsi que les riziculteurs, « pour lesquels le passage d'engins mécaniques est impossible ».

L'interdiction « précipiterait aussi les producteurs de maïs des zones exposées à la pyrale (insecte ravageur, ndlr) vers les variétés Ogm », estime le syndicat, puisque l'interdiction concernerait notamment les trichogrammes, de micro-insectes utilisés pour lutter contre ce problème sans avoir recours à des Ogm résistants.

Dans ces conditions, le syndicat « appuie sans aucune réserve » une proposition de loi déposée le 14 mai visant à « suspendre toute disposition qui conduirait les producteurs dans une impasse technique et qui mettrait donc en danger les récoltes à venir ».

Les modalités d'épandage des produits phytosanitaires font de plus en plus débat en France. Le ministère de l'Agriculture a notamment annoncé que les épandages de certains produits chimiques jugés dangereux pour les abeilles seraient d'ici trois ou quatre mois interdits le jour pour protéger la santé des colonies. Par ailleurs, les malaises de plusieurs élèves et d'une enseignante, occasionnés par l'épandage d'un fongicide sur des vignes situées à proximité d'une école, à la mi-mai en Gironde, ont suscité une vive émotion. 


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