Accord UE-Mercosur La Coordination rurale dénonce les concessions de la Commission européenne

Terre-net Média

Avec ses concessions sur les possibilités d’importation de viande bovine et d’éthanol, la Commission européenne se réjouit d’être en passe de conclure un accord commercial avec les pays du Mercosur. Une nouvelle étape que dénonce vigoureusement la Coordination rurale.

« La Coordination Rurale constate, qu’une fois de plus, la Commission européenne est prête à lâcher ses agriculteurs et à piétiner sans scrupules la souveraineté alimentaire européenne », écrit le deuxième syndicat agricole dans un communiqué.

La Coordination rurale réagit ainsi à l’annonce par la Commission européenne de ses avancées significatives dans ses négociations pour un accord de libre-échange avec les pays du Mercosur : l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et le Paraguay.

« Et dans quel but ? Exporter davantage d’automobiles ! De son côté, le Mercosur, grand producteur de viande bovine et d’éthanol, se frotte les mains à l’idée de pouvoir déverser ses produits à bas coût sur le marché intérieur européen. Bruxelles signe le déclin de la production de viande européenne ! »

« Un rapport du Joint Research Center de la Commission européenne, sur les impacts cumulés des accords de libre-échange, a prévu que le secteur ayant le plus à souffrir sera celui de la viande bovine : importations massives, forte baisse des prix, recul de la production… »

La menace plane aussi sur les betteraviers

« Après la dernière réforme de la Pac, désastreuse pour la filière viande, nous remercions Bruxelles de vouloir enterrer définitivement les éleveurs », commente Michel Manoury, responsable de la section viande de la CR. « L’Institut de l’élevage estime que les 70 000 tonnes de viande importées seront constituées d’aloyaux, des produits de haute qualité dont la production européenne avoisine les 400 000 tonnes. Près d’un million de bovins européens seraient ainsi menacés par l’accord. »

Avec la disparition des quotas betteraviers intervenue au 1er octobre 2017, le contingent de 600 000 t d’éthanol qui serait attribué au Mercosur « contribuera à enfoncer la production européenne ». « À terme, nous craignons un recul de la production betteravière, faute de prix suffisants », s’inquiète Jean-Paul Vuilliot, président de la section Betteraves du syndicat. « Un recul déjà anticipé par certains groupes sucriers, partis investir à l’étranger et notamment au Brésil ».


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