Cuivre en agriculture biologique La Fnab appelle le gouvernement à trouver des solutions

CLG Terre-net Média

La Fnab demande au gouvernement français de mettre en place un plan « cuivre », alors que le comité permanent du Conseil de l'Union européenne s'apprête à décider les conditions d'une réapprobation du cuivre dans les usages agricoles.

Suite aux recommandations issues du rapport de l'Efsa, l’utilisation du cuivre en agriculture est actuellement en débat. Jacques Carroget, secrétaire national viticulture à la Fnab et vigneron bio en Pays de la Loire estime que, « quelle que soit la décision européenne, une dynamique de restriction des usages du cuivre est enclenchée depuis plusieurs années ». « Il est temps que le gouvernement français prenne la mesure du changement que cela implique et agisse sur son territoire pour préserver ses filières biologiques et accompagner ses agriculteurs et agricultrices qui œuvrent au quotidien pour la préservation de l'environnement et de l'humain ».

La Fnab réitère ainsi sa demande d'un « plan cuivre » transversal qui devra donner aux organismes de recherche (Itab et Inra) et de développement agricole, les moyens d'avancer sur nombre de points tels que l'observation de l'évolution du mildiou, la recherche sur les alternatives au cuivre compatibles avec le cahier des charges biologique ou encore la structuration économique de ces filières alternatives.

« Aucune décision de réduction des doses, aux conséquences lourdes pour la filière bio, ne saurait être prise dans l'état actuel des données disponibles et sans aucun plan d'action en face. Le gouvernement français doit être cohérent avec son plan Ecophyto et soutenir l'agriculture biologique comme la meilleure alternative aux produits chimiques de synthèse », ajoute Sylvie Dulong, viticultrice bio en Nouvelle-Aquitaine et secrétaire nationale viticulture à la Fnab.

Un risque de « déconversion » bio

Seule alternative aux produits chimiques de synthèse, le cuivre reste non seulement essentiel pour la lutte contre les bactéries et champignons en agriculture biologique, mais il est également de plus en plus en plus utilisé en viticulture conventionnelle. Toutefois, les études menées mesurent l’impact environnemental du cuivre grâce à une méthodologie conçue pour les produits issus de la chimie de synthèse, et non pour les éléments minéraux métalliques. Les paysans bios demandent donc une analyse de l'impact des usages actuels du cuivre sur l'environnement avec une méthodologie adaptée, ainsi qu'une étude de toxicité comparée entre le cuivre et les produits qu'il remplace lors de la conversion en agriculture biologique.

Les menaces pesant aujourd’hui sur l’utilisation du cuivre risquent d’entraîner une déconversion pour un grand nombre de producteurs et productrices bio, « en totale incohérence avec les objectifs du plan Ambition bio 2022 », explique la Fnab. « Nous alertons les pouvoirs publics depuis 2015 sur cette question et aucun soutien n'a encore été apporté, nous comptons sur le changement de tête au ministère de l'agriculture et le maintien d'une dynamique volontaire au ministère de la transition écologique pour être enfin entendus » conclut Sylvie Dulong.


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