Pac La France « ne veut pas » du budget présenté par la Commission

AFP

La France ne « veut pas » du budget de la Politique agricole commune (Pac), « tel qu'il est présenté par la Commission », a dit mardi le ministre de l'agriculture français Didier Guillaume.

« Il n'est pas question que nous acceptions que le budget de la Pac baisse plus que le montant du retrait de l'Union européenne des Britanniques, parce que ce serait faire peser sur la première politique intégrée européenne le poids d'autres politiques », a déclaré le ministre, en réponse à la sénatrice LR de l'Aisne Pascale Gruny. « - 4,9 % de baisse sur le premier pilier (aides directes, ndlr), - 15 % sur le deuxième pilier (aides au bio, développement rural etc, ndlr), c'est absolument inacceptable », a affirmé le ministre, en prévenant qu'il faudrait accepter une baisse « à due concurrence » du retrait britannique de l'UE. Dans une résolution adoptée en février, les sénateurs français s'inquiétaient de voir le budget de la Pac rétrécir de 15 % après 2021 à 365 milliards, après suppression des « 18,9 milliards d'euros » qui ne seront plus versés par la Grande-Bretagne et de « 24 milliards d'euros » qui seront affectés à de nouvelles priorités (sécurité des frontières etc).

Sur les propositions de réforme de simplification de la Pac, le ministre de l'agriculture s'est borné à dire qu'il était « hors de question » qu'elle soit « renationalisée ». « C'est la première politique intégrée européenne, elle doit rester dans le cadre européen, et là dessus il n'y a pas de sujet, aussi bien la Commission, que le Parlement, que les États de l'Union sont favorables à ce que ça reste de la sorte », a ajouté le ministre devant le Sénat. Il ne s'est pas étendu sur le détail des propositions de la Commission pour la période 2021-2027 prévoyant davantage de subsidiarité, un meilleur ciblage des aides, un encouragement à l'innovation et à la recherche, un relèvement des ambitions environnementales et climatiques, et une simplification des procédures. Dans leur résolution, les sénateurs les ont vivement désapprouvées, estimant qu'elles risquent de déboucher sur « 27 politiques agricoles nationales ».

La sénatrice de l'Aisne Pascale Gruny (LR) a rétorqué au ministre que le Sénat voulait « des actes », et pas « des discours », en fustigeant un « double langage » de la France, entre Bruxelles et Paris, sur la Pac. « Alors que l'Inde, la Chine, et les États-Unis n'hésitent pas à mettre un "pognon de dingue" dans leur agriculture, ne laissez pas l'histoire se souvenir de vous comme le ministre qui aura fait renoncer la France et l'Europe à leur ambition agricole ? », a-t-elle lancé, reprenant au passage une expression d'Emmanuel Macron.


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