Budget de l'UE La France vent debout contre les rabais

AFP

La France « en a assez » des rabais accordés à certains pays de l'Union européenne dans le cadre du budget à long terme, a affirmé la secrétaire d'État Amélie de Montchalin lundi à Bruxelles, avant le sommet extraordinaire de jeudi.

« Nous en avons un peu assez de verser de l'argent qui soit ensuite redistribué en rabais aux autres pays autour de nous », a lancé Amélie de Montchalin, chargée des Affaires européennes, à son arrivée à une réunion avec ses homologues des 27. La discussion de lundi doit préparer la grande négociation attendue à partir de jeudi lors d'un sommet européen à Bruxelles sur le futur cadre financier pluriannuel (CFP) pour la période 2021-2027.

Pour la France, cette négociation doit permettre de remettre à plat les rabais dont bénéficient cinq pays membres : l'Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas, l'Autriche et la Suède. À l'image du Royaume-Uni, ces pays bénéficient d'un retour sur leurs contributions nationales, accordé pour limiter une surcharge budgétaire pour ces contributeurs nets au budget (ils versent plus qu'ils ne reçoivent).

La France, tout comme une quinzaine d'autres États membres, veut profiter du départ du Royaume-Uni de l'UE pour mettre fin à ces rabais. « La France est un contributeur net, nous apportons au budget plus que nous ne recevons, mais nous voulons payer pour les Européens, pour des projets concrets, pour des bénéficiaires tangibles », a souligné Mme Montchalin. « Nous avons sur ce sujet une position très ferme, il faut que nous puissions voir ce mécanisme arriver à son terme », a-t-elle ajouté. À l'inverse, le ministre suédois, Hans Dahlgren, a indiqué que son pays allait insister pour maintenir les rabais, qui devront être « permanents » et « importants ».

Quid du budget de la Pac ?

Mme Montchalin a également une nouvelle fois insisté pour que le budget dédié à la politique agricole commune soit maintenu à un niveau stable dans le prochain CFP. « La politique agricole commune n'est pas " has been" (...). L'Europe entière se soucie plus que jamais de ce qu'elle mange, de l'origine des produits, de leur qualité », a-t-elle insisté. « Bien sûr, nous voulons une décision, nous voulons un accord, mais pas à n'importe quel prix. La France ne veut pas que l'Europe recule », a déclaré Amélie de Montchalin.

De son côté, le ministre allemand, Olaf Scholz, dont le pays contribue le plus au budget européen, a jugé que la proposition du président du Conseil européen, Charles Michel, qui servira de base aux négociations de fin de semaine, était un « recul » par rapport aux chiffres précédemment avancés et n'était pas assez « moderne ». L'économie durable, la protection des frontières, le numérique, la conditionnalité au respect de l'État de droit ne sont pas assez pris en compte dans cette proposition, dévoilée vendredi, estime-t-il. « Nous allons devoir recommencer afin que les questions d'avenir soient plus au centre de l'attention », a-t-il affirmé.


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