Au ministère de l’Agriculture La mise en œuvre de la Pac en 2015 calée d’ici l’été selon Stéphane Le Foll

Terre-net Média

Lors de la cérémonie du grand prix du journalisme agricole, mercredi 22 janvier, le ministre de l'Agriculture est revenu sur la mise en oeuvre de la Pac en 2015.

Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture aux 16èmes rencontres FARRE, le Forum des Agriculteurs Responsables Respectueux de l’Environnement. .Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture. (©Ministère de l'Agriculture)Encore beaucoup de réunions techniques en perspective dans les prochaines semaines avant de prendre connaissance des derniers arbitrages sur la mise en œuvre de la Pac en 2015. Avec toutefois une "deadline" fixée au début de l’été.

Tel est l’état des négociations sur la mise en œuvre de la Pac rapporté par Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture lors de la cérémonie du grand prix du journalisme agricole, mercredi 22 janvier.

Des calages attendus sur les aides du premier pilier

Pour ce qui est des aides du premier pilier, de nombreux calages sont encore attendus. Le montant de l’aide à la vache laitière n’est pas encore fixé.  

Pour rappel, sur les 140 M€ accordés à la filière lait sur l’ensemble du territoire national, 95 M€ seraient alloués à l’ensemble de la filière lait (montagne et plaine) et 45 M€ au lait de montagne avec la volonté d’octroyer une aide d’au moins 30 € par vache. Un plafonnement de ces aides par vache est envisagé mais pas confirmé à ce jour.

Est aussi attendu le montant de l’aide à l’engraissement de jeunes bovins qui conditionnera en France comme en Italie l’avenir de l’organisation de la filière.

Des réunions techniques au ministère de l’Agriculture portent aussi sur les modalités de répartition des aides destinées à soutenir la production de protéagineux et de légumineuses. Elles ne sont pas réduites à des questions de ratio. L’arbitrage résidera dans la nécessité de favoriser à la fois l’autonomie fourragère des exploitations d’élevage et celle de la France. Ce qui suppose que l’attribution des aides s’inscrive aussi dans une logique de filière de productions de protéines végétales.

Des questions discutées à Bruxelles

Mais pour certaines mesures, c’est à Bruxelles que la France et l’Allemagne devront s’entendre avec la Commission européenne concernant la mise en œuvre de la Pac sur leur territoire. Il s’agit par exemple de s’accorder sur la grille de pondération des surfaces d’intérêt écologique afin que les règles de verdissement conservent une dimension européenne. Ou encore du volet installation des jeunes agriculteurs.

Mais ce qui est sûr est que la pratique du mulching ne pourra pas être associée à une culture entrant dans la rotation des parcelles. Aussi, pour toucher le paiement vert, d’autres solutions de couverture du sol devront être trouvées sans porter atteinte à la pérennité des maïsiculteurs.

Pour le second pilier, le chantier est là encore colossal avant d’arriver à définir, avec les régions, les règles qui régiront sur le terrain la politique de développement rural de 2015 à 2020. 

« On travaille pour élaborer un plan Etat-régions pour l’Agriculture française »

Le plan de modernisation de l’élevage fera aussi partie des discussions. Il aura pour objectif d’améliorer la performance écologique et économique des bâtiments et des serres. Ce plan pourrait être l’occasion de rattraper le retard pris dans le développement des énergies renouvelables (méthanisation, éolien,  photovoltaïque…) afin de rendre les exploitations davantage compétitives.

Partisan « du produire autrement », Stéphane Le Foll inscrit cependant sa politique et « sa loi d’avenir pour l’agriculture » dans une dynamique de production pour regagner des parts de marché à l’export et répondre à la demande mondiale croissante de produits alimentaires. Aussi, sa politique se veut en phase avec la politique d’offre et de conquête des marchés exposée une nouvelle fois par François Hollande lors de sa cérémonie des vœux à la presse.

« Préserver les sols et les forêts impose de produire plus avec, sur les terres cultivées, des rendements par hectare supérieurs à ceux d’aujourd’hui sinon il faudra déboiser davantage de terres pour nourrir l’ensemble de la planète. La France agricole n’a pas vocation à devenir une ferme biologique, n’en déplaise à certains députés écologiques », a expliqué Stéphane Le Foll.

Aussi la loi d’avenir vise à favoriser le développement de pratiques agricoles alternatives écologiques pour produire plus. Elle ne sera soumise au Sénat qu’au printemps prochain pour des raisons calendaires. La priorité a en effet été donnée au projet de loi sur la formation professionnelle. L’examen de la loi sera bouclé à la fin du premier semestre.


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