Pac post-2020 La perspective d’un refinancement national des aides directes inquiète

Terre-net Média

Le Copa et la Cogeca s’inquiètent de la suggestion de la Commission européenne d’introduire après 2020 une part de cofinancement national des paiements directs de la Pac. Les deux syndicats insistent sur la nécessité de mettre en place des outils « destinés à aider les agriculteurs à mieux gérer les risques ».

Les ministres de l'agriculture des 28 Etats membres étaient, avec le commissaire à l'agriculture Phil Hogan, réunis en conseil informel à Tallinn, la capitale de l'Estonie, mardi 5 septembre 2017..Les ministres de l'agriculture des 28 Etats membres étaient, avec le commissaire à l'agriculture Phil Hogan, réunis en conseil informel à Tallinn, la capitale de l'Estonie, mardi 5 septembre 2017. (©European Union)

Fin juin 2017, la commission européenne a suggéré, dans un « document de réflexion sur l'avenir des finances de l'UE après 2020 », d’introduire un co-financement national des paiements directs dans le cadre du premier pilier de la Pac. Une proposition qui inquiète le Copa et la Cogeca, représentant au niveau européen les producteurs et les coopératives agricoles.

A Tallinn, la capitale estonienne, où les ministres européens de l’agriculture sont réunis ce mardi 5 septembre 2017 pour une réunion informelle sur la Pac et les mesures de gestion des risques, les deux syndicats ont exprimé leur opposition à la suggestion de la Commission européenne. Pour eux, il s’agit d’un « risque de renationalisation de la Pac ».

« Face à un marché marqué par une très forte volatilité », le Copa et la Cogeca demandent aux ministres « de se concentrer plus sur des mesures destinées à aider les agriculteurs à mieux gérer les risques dans le cadre de la Politique agricole commune ».

Renforcer les filets de sécurité

« Actuellement, les revenus des agriculteurs sont de 40 % inférieurs aux revenus moyens en Europe et les agriculteurs sont confrontés à des défis toujours plus nombreux comme des conditions météorologiques défavorables et une augmentation des fluctuations du marché. Ils devront en outre produire plus à l'avenir pour nourrir une population mondiale en pleine croissance tout en utilisant moins de ressources. Nous avons donc besoin d'une Pac forte et compétitive, avec des règles communes plus simples et des financements appropriés pour que les agriculteurs soient à même de relever ces défis » a expliqué Thomas Magnusson, président de la Cogeca et éleveur suédois, devant les ministres.

Et le représentant de poursuivre : « Les paiements directs de la Pac doivent être maintenus dans le premier pilier de la Pac car cela permet aux agriculteurs et aux coopératives de mieux gérer les risques. Les filets de sécurité du marché doivent également être maintenus et renforcés. Il faut poursuivre les efforts de convergence et d'harmonisation des paiements directs de la Pac. L'accent doit aussi être mis sur les mesures de gestion des risques du marché, notamment sur le développement des marchés à terme, pour faire face à une volatilité accrue sur les marchés. Les mesures de gestion des risques doivent rester volontaires pour les producteurs et être maintenues dans le deuxième pilier de la Pac. »

L’Estonie, qui assure la présidence tournante du conseil de l’Union européenne jusqu’à fin décembre, a mis la prochaine réforme de la Pac au rang de ses chantiers prioritaires.

En savoir plus >> Document de réflexion sur l'avenir des finances de l'UE (Document de la Commission européenne)

 

 

 


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