Compétitivité en agriculture Le « coût trop élevé du travail », un argument « fallacieux » selon Fnaf-CGT

Terre-net Média

Le syndicat de salariés agricoles Fnaf-CGT critique l’argumentaire sur le coût du travail trop élevé en agriculture. Il s’inquiète par ailleurs des vélléités de financer la sécurité sociale agricole par une TVA sociale, plutôt que par des cotisations sociales.

La Fnaf-CGT (Fédération nationale agroalimentaire et forestière), la branche agricole et agroalimentaire du syndicat de salariés, dénonce dans un communiqué l’argumentaire défendu par la FNSEA, et entendu par certains candidats à la Présidentielle, dont Emmanuel Macron, sur le coût trop élevé du travail dans le secteur agricole.

« Certains affirment que le « coût du travail », sous-entendu des salaires, plomberait la compétitivité de l’agriculture. C’est d’autant plus fallacieux que de nombreux textes publiés par la FNSEA concernant la fixation des prix agricoles par exemple, ciblent plutôt les questions liées aux dominations d’amont et d’aval de la production agricole. (…) Et pourtant les têtus reviennent toujours avec la même rengaine du coût du travail. » Et le syndicat de salariés d’avancer trois arguments :

« La part du travail salarié, si elle est en constante augmentation, ne représente actuellement que 30 % de la production agricole. Seraient-ce ces 30 % qui mettraient l’agriculture à mal ? Ces 160 000 salariés permanents rémunérés autour du Smic et plus d’un million de contrats saisonniers qui sont exonérés des cotisations sociales ? Selon une étude du ministère de l’agriculture, le Smic horaire n’est plus « chargé » que de 12 centimes en termes de cotisations patronales. »

« Des dizaines de milliers d’exploitations agricoles familiales menacées  »

« Le « coût du travail » serait-il donc plutôt celui des 70 % que représente la part des agriculteurs dans la production agricole ? Ne serait-ce pas lui aussi qui serait visé par les grands groupes industriels et commerciaux dans la bataille sur les prix ? Certes, ce ne sont pas les agromanagers qui sont dans le viseur, mais les dizaines de milliers d’exploitations agricoles familiales menacées par la concentration agraire. »

« Le cumul des mesures d’exonérations mises en place par les gouvernements successifs aboutit à ce que les agriculteurs, notamment les plus gros, ne paient quasiment plus de cotisations sociales et ainsi ne participent plus au financement de la MSA. Ils bénéficient pourtant d’une protection sociale dont le financement est assuré en grande partie par les salariés. »

« En cette période de campagne électorale, la FNSEA retape sur le clou de la TVA sociale », poursuit le syndicat. Selon lui,  cela remet en cause « les fondements de notre protection sociale solidaire ». « La FNSEA milite pour sa fiscalisation et sa privatisation. N’est-ce pas scier la branche sur laquelle des dizaines de milliers de petits paysans et des centaines de millions de salariés retraités et leur famille sont assis ? »


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