Prévention du suicide des agriculteurs Le Gouvernement fait « marche arrière », selon la Coordination rurale

CLG, avec AFP Terre-net Média

Face à la suspension des financements de l’aide au répit par le gouvernement, la Coordination Rurale s’insurge. En 2017, près de 3 500 exploitants ont pu bénéficier de cette aide, visant à prévenir le suicide agricole.

Dans le cadre de l’aide au répit, en seulement un an, la MSA a déjà pris en charge près de 3 500 agriculteurs en situation de burn-out ou d'épuisement professionnel. La Coordination rurale s’insurge contre la décision des ministères de l’agriculture et des finances de ne plus financer ce dispositif d’aide.

De ce fait, « ce sont les MSA locales qui vont tenter de maintenir le dispositif aux frais de leurs adhérents », critique le syndicat. La Coordination dénonce « un abandon d'une politique nationale mise en place pour prévenir le suicide agricole ».

« Cela pourrait être assimilé à de la non-assistance à personne en danger, voire pire puisqu'en s'obstinant notamment dans cette politique ultralibérale, l'État est responsable des difficultés des agriculteurs », juge François Lucas, président d’honneur de la Coordination rurale. « L’aide encore mal connue, venait juste d’être créée, nous sommes choqués par ce repli alors que la situation des agriculteurs ne cesse de se détériorer ! Malheureusement, vu le nombre de suicides au sein de la profession agricole, il est fort à parier que cette aide concernera de plus en plus de personnes », ajoute Bernard Lannes, le président du syndicat.

La situation économique de nombre d'exploitations s'est considérablement aggravée ces dernières années.

Dispositif reconduit « avec ou sans l'aide de l'Etat »

La MSA (sécurité sociale agricole) a indiqué à l'AFP que ce dispositif serait reconduit, avec ou sans l'aide de l'Etat : « les 4 millions d'euros délégués par l'Etat l'année dernière, c'était pour lancer le programme », a expliqué à l'AFP Bruno Lachesnaie, directeur de l'action sociale à la MSA.

« On va le continuer sur nos fonds d'actions sociales, on a quand même 154 M€ par an. On a également un fonds de prévention qu'on va mettre à contribution », a-t-il ajouté.

« On va dégager une enveloppe de 3,5 M€ pour 2018, en espérant que l'Etat puisse compléter, mais on n'est plus dans la logique que l'Etat reconduise tous les ans une aide au démarrage d'un programme », a-t-il affirmé.

« On prend le relais, mais on souhaiterait que l'Etat puisse compléter », a-t-il toutefois ajouté, précisant par ailleurs que ce programme allait être élargi aux « salariés de la production agricole », voire de quelques filières coopératives dans les secteurs en crise, dont certains ne sont pas épargnés par le burn-out.

« Sur certains autres domaines d'intervention, on resserre un peu les critères, c'est la vie même des fonds d'action sociale », a ajouté Bruno Lachesnaie, précisant que 2,5 M€ seraient financés par les caisses centrales et 1 M€ par les caisses locales.


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