Union européenne Le projet de Pac, une « catastrophe » selon José Bové

AFP

Le projet de politique agricole commune (Pac) pour l'après 2021 préparé par la Commission européenne est une « catastrophe », a jugé vendredi le député européen José Bové, en estimant « scandaleux » d'en discuter avant les élections européennes et le Brexit.

« Si on regarde actuellement ce qui est proposé par la Commission, c'est 12 % en moins au minimum sur le premier pilier, c'est-à-dire sur les aides directes données aux agriculteurs pour les sept ans à venir, et c'est moins 25 % sur tout ce qui est développement rural, c'est-à-dire les aides environnementales, les aides aux jeunes agriculteurs et aux zones de montagne. Donc c'est une catastrophe, ce projet est complètement aberrant », a estimé José Bové. « La Commission essaie d'imposer au Parlement européen aujourd'hui l'adoption de cette nouvelle Pac alors que les élections ont lieu dans quelques mois. C'est scandaleux », a-t-il ajouté.

« J'appelle les ministres de l'agriculture et notamment le ministre français à dire "stop", il n'est pas question d'adopter une nouvelle politique agricole qui serait moins-disante avant un débat d'élection européenne »,  a dit José Bové. L'ancien syndicaliste de la Confédération paysanne et de Via Campesina, connu pour ses prises de position contre les OGM, ne se représente pas aux prochaines élections européennes en mai 2019. « Cette commission, aujourd'hui, ne tirent absolument pas les leçons du désamour que certains ont vis-à-vis de l'Europe. L'Europe, ce qui fait sa force, c'est sa démocratie, donc il ne faut absolument pas imposer des choix avant même que les gens aient pu voter », a argumenté le député. Concernant l'élection, José Bové s'est aussi ému des risques de  « manipulation » du scrutin via les réseaux sociaux et les géants de l'internet. « Le Brexit a été un exemple incroyable » et « on a vu ce qu'ils ont fait avec Trump », a-t-il dit. « Il est inacceptable que Facebook devienne l'arbitre des élections européennes », a-t-il ajouté, en appelant « les États et l'Union européenne » à « légiférer de manière très claire pour (...) interdire par exemple d'acheter des "followers" pendant les élections ».


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