Examen du PLF Le Sénat rejette le budget de l'agriculture pour 2020

AFP

Le Sénat à majorité de droite a rejeté largement dans la soirée de mardi le projet de budget de l'agriculture pour 2020, dénoncé comme « un mépris du présent, mais aussi une insulte à l'avenir », face au « profond mal-être » du monde agricole.

« Le budget du ministère de l'agriculture est en augmentation de 4,1 %, en autorisations d'engagements, et de 1 % en crédits de paiement. Il se monte à 4,760 milliards d'euros », a indiqué le ministre Didier Guillaume. « Il est à la mesure des ambitions que nous avons, à la mesure des crises que traverse l'agriculture aujourd'hui », a-t-il vanté, une semaine après une spectaculaire manifestation d'un millier de tracteurs autour de Paris et Lyon. Le rapporteur spécial de la commission des Finances Alain Houpert (LR) a au contraire estimé qu'il « manque singulièrement de nerf ». « L'année 2020 trace le sillon d'une réduction programmée des soutiens dont notre agriculture a terriblement besoin », a-t-il déploré. « Par rapport à la loi de programmation pluriannuelle, il manque 58,4 millions d'euros d'autorisations d'engagements et plus de 125 millions d'euros de crédits de paiement », a-t-il affirmé. Pour Alain Houpert, ce projet de budget « est non seulement un mépris du présent, mais aussi une insulte à l'avenir ».

Le secteur peine à trouver les voies de sa « transition » alors qu'il est soumis à des injonctions contradictoires de la société et des consommateurs. Également rapporteur spécial, Yannick Botrel (PS) a rendu compte du « sentiment d'injustice et même d'atteinte à leur dignité » ressenti par les agriculteurs face aux critiques du monde agricole. « Le monde agricole exprime un profond mal-être et pour le moins son profond malaise », a-t-il souligné. « Ce budget ne prend pas la mesure de la détresse de nos paysans », a renchéri Françoise Férat (Union centriste).

« Les agriculteurs ne sont ni des empoisonneurs, ni des pollueurs », a tenu à souligner le ministre, « au nom du gouvernement » et en son nom personnel. « Les fermes brûlent au sens figuré comme malheureusement au sens propre, s'il vous plaît, ne regardez pas ailleurs », a lancé Marie-Christine Chauvin (LR), plagiant une formule de Jacques Chirac. L'Assemblée nationale, qui aura le dernier mot, avait, elle, adopté fin octobre ce projet de budget 2020 pour l'agriculture, même si les oppositions l'avaient jugé « pas à la hauteur » ni de nature à « redonner espoir » à des paysans qui « n'ont pas le moral ».


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