; Les énergies renouvelables boostent les investissements agricoles

Crédit agricole Les projets autour des énergies renouvelables boostent les investissements

Cécile Julien Terre-net Média

Les nombreux projets autour de la méthanisation et du photovoltaïsme ont participé au regain d’activités bancaires en 2021. L’inflation et les incertitudes sur les coûts de production rendent le Crédit agricole prudent sur le niveau d’activités pour le 2e semestre 2022 et 2023.

Les projets liés aux énergies renouvelables ont tiré les investissements en 2021.Les projets liés aux énergies renouvelables ont tiré les investissements en 2021. (©Pixabay) 

Pour le Crédit agricole, 2021, année de reprise après la crise sanitaire, aura été une excellente année avec 8,2 milliards de prêts accordés aux agriculteurs, soit une progression de 7,8 % par rapport à 2020. Ce regain d’investissement est tiré par les projets dans les énergies renouvelables, avec des demandes de crédit qui ont augmenté de 78 % en méthanisation et de 62 % dans le photovoltaïque.  

2022, une année complexe

2022 a débuté sur la même tendance, avec + 8 % des réalisations sur le premier semestre. Depuis, la guerre russo-ukrainienne a mis un coup d’arrêt aux prévisions de croissance. La flambée sur le cours de l’énergie et des matières premières a sonné le retour de l’inflation. « 2022 sera une année complexe. Si les cours de nos productions ont bénéficié d’une hausse, c’est aussi le cas de nos approvisionnements, ce qui complique la situation de l’agriculture, partage Jean-Paul Kerrien, président de Crédit Agricole Bretagne, lors des présentations des résultats agricoles de la banque verte à l’occasion du Space. Pour répercuter nos hausses de coût de production et améliorer la répartition de la valeur ajoutée dans la filière, les négociations commerciales sont un sujet prégnant et ô combien compliqué ».

Les efforts de souveraineté alimentaire semblent pourtant porter leurs fruits. « Les prix alimentaires ont augmenté mais moins que chez nos voisins, note Jean-Christophe Roubin, directeur du marché de l’agriculture à Crédit Agricole SA. Alors qu’en France, l’inflation globale est de 6 %, elle est de 7 % si l’on regarde seulement les produits alimentaires. En Allemagne, l’inflation est de 7 % et de 14 % pour les produits alimentaires. Au Royaume-Uni, où les prix alimentaires étaient déjà élevés, l’inflation pourrait atteindre les 18 à 20 % »

Peu de visibilité sur 2023

Les perspectives sont floues pour 2023. Si les prix restent élevés, cela aidera à compenser la hausse des intrants. « Sinon, on risque l’effet ciseaux. Reste à savoir quelles capacités auront les Français à payer plus pour l’origine France », questionne Jean-Christophe Roubin. Déjà des signaux indiquent des secteurs à la peine : décapitalisation dans les cheptels bovins, baisse de la consommation en bio, baisse de la production de volailles suite aux épisodes d’influenza aviaire. « A ces incertitudes, s’ajouteront de nombreux départs en retraite en 2023 avec un manque de repreneurs », constate Michèle Guibert, secrétaire générale de Crédit Agricole Bretagne.

Vers une meilleure couverture des aléas climatiques

Avec sa double casquette de banquier et d’assureur, le Crédit agricole a été partie prenante de la réforme de l’assurance climatique, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2023. La banque verte voit d’un bon œil que les aléas climatiques, aux importants impacts économiques, soient mieux couverts. « L’assurance récolte dans cette nouvelle version permettra une meilleure prise en charge des pertes pour les agriculteurs assurés, apprécie Michèle Guibert. Cela pourrait aller jusqu’à 90 % des pertes par l’action commune des assureurs et du Fonds de Solidarité Nationale, avec un budget national qui pourrait monter jusqu’à 680 millions d’euros ».

En se basant sur l’exemple d’une exploitation bretonne moyenne, avec une production laitière de 530 000 litres, 67 ha de SFP et 19 ha de céréales, le Crédit agricole envisage des cotisations nettes, après déduction des 70 % de prise en charge par l’Etat de 26 € par hectare de céréales et de maïs fourrage et de 13 € par hectare de prairie.

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