Revenus agricoles 2017 « Les résultats 2017 n’épongent pas les dettes abyssales de 2016 », réagit la CR

Terre-net Média

« Non, les agriculteurs ne vont pas mieux ! » La Coordination rurale s’alarme du niveau des revenus 2017 présentés par l’Insee jeudi 5 juillet et estime que « l’UE doit se recentrer sur son marché intérieur, en garantissant des prix rémunérateurs et en rééquilibrant ses productions ».

Réagissant à la publication des comptes de l’agriculture française 2017 par l’Insee jeudi 5 juillet, la Coordination rurale explique que « les + 14 % de hausse du revenu agricole par actif ou les 9,3 % de hausse de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole ne font que nous ramener au piètre niveau de 2015, sans parvenir à éponger les pertes abyssales de 2016. »

« Souvenons-nous qu’en 2015 déjà, le coût de production moyen n’était pas couvert, ni la rémunération personnelle du travail de l’agriculteur, même en tenant compte des aides de la Pac ».

« En 2017, si les éleveurs ont bénéficié d’un piètre rattrapage en matière de prix payés, leurs coûts de production ne sont toujours pas couverts. En grandes cultures, les rendements se sont redressés mais les prix ont continué leur plongeon. En demandant la fin des quotas betteraviers (comme celle des quotas laitiers), certains représentants de la profession endossent la responsabilité d’avoir fait bondir la production et écrasé les prix ! »

« Le malade est placé sous monitoring »

« Les illusions des États généraux de l’alimentation ne tarderont pas à s’évanouir et les agriculteurs ont déjà cerné l’escroquerie », commente François Lucas, représentant de la Coordination rurale à la Commission des comptes de l’agriculture. « Au-delà des variations interannuelles, la situation des agriculteurs se détériore inexorablement. Le malade est placé sous monitoring mais les médecins refusent de lui donner le seul remède efficace : des prix rémunérateurs. »

« Or justement, les perspectives dressées par la FAO et l’OCDE laissent entendre que les prix resteront globalement bas durant les dix prochaines années, l’Europe amorçant son déclin pendant que d’autres régions du monde s’affirment comme puissantes exportatrices, celles-là même avec lesquelles l’UE s’empresse de signer des traités de libre-échange. À cela va s’ajouter l’amputation de plus de 16 % du budget de la Pac post 2020 », ajoute le syndicat.

« Ce n’est donc pas en lorgnant du côté du marché mondial que l’UE améliorera la situation de ses agriculteurs », ajoute Damien Brunelle, secrétaire général adjoint de la CR, « à la croisée des chemins, l’UE doit se recentrer sur son marché intérieur, en garantissant des prix rémunérateurs et en rééquilibrant ses productions. »


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