Sécheresse Les syndicats agricoles majoritaires chez Jean-Pierre Raffarin

Agra Presse

Le premier ministre Jean-Pierre Raffarin reçoit aujourd'hui 22 août les membres du Conseil de l'agriculture française (FNSEA, Jeunes agriculteurs, CNMCCA, Chambres d'agriculture) afin d'annoncer des mesures d'aide contre les effets de la sécheresse sur l'agriculture.

En dépit des contraintes budgétaires, le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, n'en espère pas moins un « geste fort » du gouvernement. « Dans le prochain collectif budgétaire, l'agriculture doit être la priorité des priorités » affirme-t-il. Sans qu'une estimation globale des aides demandées ait été évoquée, le syndicalisme demande une série de mesures autour de sept volets :

1. L'abondement du fonds de garantie des calamités agricoles pour faire face aux vrais besoins d'indemnisation. le chiffre de 300 millions d'euros a été évoqué afin que ce fonds puisse répondre aux besoins.

2. La mise en place de prêts calamités à un taux de 1,5% au maximum et à 0% pour les jeunes installés et les plus fragiles.

3. La relance de la procédure Agridif (agriculteurs en difficultés) permettant notamment aux éleveurs n'entrant pas dans le cadre des calamités agricoles d'avoir des aides équivalentes. C'est le cas notamment des producteurs de volailles touchés par une forte surmortalité de leurs animaux. Le Fac (Fonds d'aide conjoncturelle) devrait également être abondé.

4. Une année blanche sur le plan financier et social : les agriculteurs en difficulté bénéficieraient d'un report d'un an des cotisations sociales et de leurs charges d'intérêt, ceux-ci étant pris en charge par l'État.

5. Les jeunes agriculteurs demandent plus particulièrement une aide forfaitaire de 10 000 euros par exploitant pour 15 000 jeunes éleveurs les plus en difficulté, afin d'éviter qu'ils ne décapitalisent une part de leur cheptel.

6. Une revalorisation des 37 millions d'euros déjà décidés pour l'aide au transport de la paille. Ce montant risque de ne pas être suffisant compte tenu des quantités en cause. Les jeunes demandent en particulier que l'armée soit mise à contribution pour transporter la paille qui reste trop souvent en bout de champ.

7. Pour faire face aux surcoûts en matière d'alimentation du bétail, la fédération des éleveurs de bovins (FNB) estimait le 20 août entre 200 et 300 euros par bovin l'aide que l'État devrait apporter. Au total, le préjudice pour le secteur bovin est estimé à environ 1,5 milliard d'euros.

Cependant, les syndicats agricoles jugeaient la situation très évolutive, comme le montre la récolte en cours de maïs. La très mauvaise récolte du fait des derniers jours de canicule aura un impact sur le revenu des maïsiculteurs ainsi que celui des éleveurs. Juste avant la rencontre avec Jean-Pierre Raffarin, certains calculs évoquaient 4 milliards d'euros de manque à gagner pour le chiffre d'affaires de la «ferme France», soit 7% de ses ventes annuelles. Il ne s'agit pas d'une perte de revenu mais de chiffre d'affaires, d'autant qu'aujourd'hui une grande part du revenu provient d'aides publiques que les paysans toucheront bien, et même en avance. Les syndicats agricoles préfèrent se référer à des surcoûts ou à des pertes de revenu. Mais ce chiffre de 7%, non encore définitif, donne une idée du problème à traiter.



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