2016, année noire pour l’agriculture Les syndicats attendent le Gouvernement au tournant

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En réaction à la publication, par l’Insee, des comptes de l’agriculture 2016, l’APCA, la FNSEA, la Confédération paysanne, la Coordination rurale et ses producteurs de grains expriment des attentes fortes à l’égard d’Emmanuel Macron et de son ministre de l’agriculture Stéphane Travert.

Pour la FNSEA, les résultats 2016 de la Ferme France reflètent une « crise qui dure depuis plusieurs années avec des prix payés aux producteurs qui ne couvrent pas les coûts de production ». « Nous le dénonçons depuis des années. Les attentes des agriculteurs sont donc très fortes sur les Etats généraux de l'alimentation. Le chantier de la répartition de la valeur dans la chaîne alimentaire doit être un enjeu prioritaire de ces Etats généraux, comme s'y est engagé Emmanuel Macron à Limoges-Les-Vaseix le 9 juin dernier. Les agriculteurs doivent enfin pouvoir vivre dignement de leur travail ! » Le syndicat majoritaire veut voir poursuivi le plan de consolidation et de refinancement des exploitations agricoles, mis en place par le précédent Gouvernement à l’automne 2016.

Les représentants des Chambres d’agriculture aussi attendent beaucoup des Etats généraux de l’alimentation, qui devraient être lancés par le président de la République jeudi 20 juillet. « A quelques jours de leur lancement, et avant de réfléchir à la nécessaire création de nouvelles valeurs ajoutées, il serait pertinent de réexaminer les conditions du partage des valeurs ajoutées déjà créées. »

Face à des aides insuffisantes, des prix rémunérateurs

« Ce résultat est le fait de la baisse des prix agricoles », commente la Confédération paysanne. « Cette situation prouve que le travail des paysans est toujours de moins en moins bien rémunéré. Il y a donc urgence qu’à l’issue des État généraux de l’alimentation, le gouvernement aboutisse à un encadrement des prix agricoles, notamment avec des outils législatifs. »

La question de la répartition de la valeur et surtout, la couverture des coûts de production par des prix de vente corrects est aussi à l’esprit de la Coordination rurale. « Les agriculteurs font désormais partie des travailleurs pauvres », dénonce le syndicat. « Les États généraux de l’alimentation doivent être l’occasion de revenir aux fondamentaux de toute politique économique : des prix rémunérateurs à la production ! » Mais le deuxième syndicat agricole, de même que l’OPG, sa branche céréalière, cible aussi la Pac.

« Les aides ne suffisent plus, et du fait de leur complexité, l’État n’est même plus capable de respecter les échéanciers de versements ! Face à l’évidence de ce constat, la Pac doit être réformée en profondeur avec des prix agricoles couvrant les charges via une exception agricole dans les accords commerciaux » explique Nicolas Jaquet, président de l’OPG.

« Emmanuel Macron et Stéphane Travert sont au pied du mur », prévient la CR. « Aujourd’hui, la situation est trop grave : ils doivent impérativement renverser la table à Bruxelles et exiger une régulation basée sur des prix et une gestion raisonnée et efficace des volumes. A défaut, le démantèlement de l’agriculture française va continuer sur fond de catastrophe économique, sociale et humaine. »


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